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Tara Maher
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À la recherche d'un traitement curatif
Au cours de la dernière décennie, la recherche sur la maladie
d'Alzheimer et les affections connexes a réalisé de grands progrès
et il ne fait aucun doute que des percées majeures se profilent à
l'horizon.
Avec une contribution de près de 30 millions de dollars au cours
des 20 dernières années, la Société Alzheimer du Canada est l'un
des plus importants bailleurs de fonds de la recherche et de la
formation en recherche dans ce domaine au Canada. En 2009, la
Société et ses partenaires ont financé à ce chapitre plus de 2,4
millions de dollars en soutien à la recherche biomédicale et à la
recherche sur la qualité de vie.
Le fait demeure qu'il n'y a toujours pas de traitement curatif pour
la maladie d'Alzheimer et les affections connexes et les chercheurs
canadiens, qui sont parmi les meilleurs scientifiques au monde dans
ce domaine, ont besoin d'un plus grand soutien financier.

Que sont les « démences » ?
On donne le nom de « démences » à un large groupe de maladies
caractérisées par la détérioration progressive de la faculté de
penser, des capacités et de la mémoire. Les symptômes les plus
courants sont la perte de mémoire à court et à long terme, la
perte de jugement et de raisonnement, des sautes d'humeur, des
changements de comportement et des difficultés à communiquer.
Ces symptômes auront une incidence sur la capacité des personnesà travailler, à conserver des relations sociales ou encore à maintenir
leurs activités quotidiennes habituelles. La maladie d'Alzheimer est
la forme de démence la plus courante et représente 64 % des cas.

Les facteurs de risque
La maladie d'Alzheimer et les affections connexes semblent résulter
des effets combinés de plusieurs facteurs de risque tels que l'âge,
la génétique, le mode de vie et les facteurs environnementaux
qui anéantissent les mécanismes naturels d'autoréparation et
d'autoguérison du cerveau. Par conséquent, la recherche s'applique
de plus en plus à mieux comprendre les facteurs de risque de ces
maladies, à cerner ce qu'une personne peut faire pour réduire
ces risques et à trouver des moyens de renforcer les capacités
d'autoguérison du cerveau.
La recherche biomédicale
Les marqueurs biologiques
On a longtemps espéré l'apparition de « marqueurs » biologiques
de la maladie d'Alzheimer dans divers tissus pouvant être plus
facilement étudiés que le cerveau lui-même. De nouveaux résultats
de recherche offrent l'espoir qu'un diagnostic précoce puisse être considérablement aidé par de tels marqueurs. Des rapports
récents décrivent deux marqueurs de ce type dans la peau des
personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer : premièrement une
réponse chimique inflammatoire anormale facilement détectable
et, deuxièmement, la présence de niveaux anormaux de plusieurs
protéines. D'autres marqueurs, en cours d'utilisation dans des
cliniques, concernent les changements de niveau de certaines
substances du liquide céphalorachidien.
Un vaccin contre la maladie d'Alzheimer
On fait état de développements prometteurs vers la mise au point
d'un vaccin contre la maladie d'Alzheimer. Le premier essai, qui a
montré des résultats positifs chez des souris modèles de la maladie,
a été interrompu au début de la première phase d'essais humains
en 2002, en raison de présence d'inflammation cérébrale chez
certains participants. Aujourd'hui, tous les efforts sont axés sur la
mise au point de nouveaux vaccins qui ne devraient pas provoquer
d'inflammation cérébrale et au moins trois d'entre eux sont déjà au
stade des premiers essais cliniques.
Une nouvelle approche consiste à administrer directement des
anticorps déjà fabriqués (immunisation passive) plutôt que des
substances qui stimuleront la production d'anticorps (immunisation
active). Les anticorps reconnaissent et permettent d'éliminer la
protéine A-bêta toxique qui finit par former les « plaques » qui sont
la caractéristique principale de la maladie d'Alzheimer. Ces plaques
sont présentent dans le cerveau, à l'extérieur des neurones. Il est à noter que les molécules de protéine A-bêta commencent à se
grouper avant même que les plaques n'apparaissent. C'est à
ce stade précoce des groupements que les actions toxiques de
l'A-bêta ont lieu avant de mener à l'affaiblissement puis à la mort
des neurones.
Maladie d'Alzheimer et diabète
La recherche démontre que même en l'absence de diabète, des
antidiabétiques appelés glitazones peuvent aider à maintenir
les fonctions cérébrales des personnes atteintes de la maladie
d'Alzheimer. La poursuite des essais de ces médicaments se fonde
sur la preuve que les personnes qui ont la maladie d'Alzheimer
peuvent effectivement souffrir d'une forme de « diabète » du
cerveau. Dans le cadre d'une étude expérimentale, il a été constaté
que l'administration d'insuline par voie nasale à des personnes
atteintes de la maladie d'Alzheimer (méthode permettant de livrer
l'insuline préférentiellement au cerveau sans devoir passer par
l'ensemble du corps) améliorait dans certains cas la mémoire et la
cognition, ce qui donne de l'espoir aux mesures thérapeutiques à
venir.
Favoriser la réparation du cerveau
Même lorsqu'un traitement véritablement efficace pour la maladie
d'Alzheimer sera découvert, il faudra trouver le moyen de réparer
les dommages déjà causés au cerveau. À cet égard, une classe
de substances appelées « facteurs de croissance » qui favorisent
la santé des neurones et leur capacité à établir de nouvelles
connexions avec les autres neurones, est d'une grande importance.
L'un de ces facteurs de croissance les plus importants est appelé
« facteur de croissance du nerf » ou NGF. Des études qui examinent
sa valeur potentielle pour les personnes atteintes de la maladie
d'Alzheimer montrent des premiers résultats prometteurs, tant pour
empêcher la mort des neurones que pour améliorer la cognition.

Recherche sur la qualité de vie
La recherche sur la qualité de vie vise à comprendre et répondre
aux besoins physiques, psychologiques, affectifs, sociaux et
spirituels des personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer ou
d'une affection connexe et de leurs aidants. Autrement dit, les
chercheurs en qualité de vie visent à aider les personnes affectées,
tandis que la recherche biomédicale est axée sur les causes de la
maladie, la mise au point de meilleurs traitements et l'identification de moyens de prévention.
Les recherches sur la qualité de vie présentement financées portent
sur les façons de renforcer la mémoire, le langage et les activités
de la vie quotidienne des personnes atteintes, sur l'impact de la
maladie sur les proches aidants, sur la façon de répondre aux besoin
des personnes atteintes qui vivent dans leur milieu, sur la façon
d'améliorer le soutien aux personnes atteintes en centres de soins
et sur la façon dont le milieu peut soutenir la personne atteinte.

Application et partage des connaissances
Aujourd'hui, dans le domaine de la recherche sur la maladie
d'Alzheimer et les affections connexes, il peut exister des écarts
entre ce que la recherche démontre comme étant efficace et les
pratiques de soins qui ont cours. Bien que le travail de nombreux
chercheurs et cliniciens puisse avoir des impacts importants sur le
soin de ces maladies, très souvent ceux-ci travaillent isolés les uns des autres.
L'application des connaissance traduit les résultats de la recherche
en traitements, services et produits efficaces. Le partage des
connaissances, pour sa part, consiste à mettre en commun
l'information et la résolution de problème entre chercheurs,
professionnels de la santé et décideurs, en d'autres mots, c'est
le processus qui relie ensemble les personnes, les idées et les
ressources.
Reconnaissant l'importance de ce processus, la Société Alzheimer
met davantage l'accent sur l'application et le partage des
connaissances. Ainsi, dans le cadre de son programme de recherche,
la Société demande aux chercheurs subventionnés de fournir un
plan de diffusion des résultats de leurs recherches et d'expliquer etl'effet de ces dernières sur la qualité de vie des personnes atteintes de ces maladies et de leurs aidants. La Société Alzheimer est aussi partenaire du Canadian Dementia Knowledge Translation Network (CDKTN), un réseau canadien d'application des connaissances surles démences, en vue de soutenir les possibilités de formation en
application des connaissances destinées aux détenteurs de bourses
de recherches doctorales et postdoctorales déjà engagés dans la
recherche sur la maladie d'Alzheimer ou qui s'y intéressent.
Pour plus d'information ou pour faire un don au programme de recherche de la Société Alzheimer : www.alzheimer.ca ou 1-800-616-8816.

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