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Soins Alzheimer : Lignes directrices sur l'éthique
   
 
Dans cette section :
Introduction
Valeurs et principes directeurs
Communiquer le diagnostic
Conduire un véhicule
Vivre seul
Prise de décisions : respecter le choix individuel
La qualité de la vie
La participation à la recherche
Les tests génétiques
Les contentions
L'intimité et la sexualité

Les contentions

Contexte

L'utilisation des contentions

Une contention est un appareil ou un médicament qui restreint ou contrôle les mouvements ou les comportements. On utilise parfois les contentions pour traiter les comportements associés à la maladie d'Alzheimer ou à une autre maladie neurodégénérative. Bien que le but soit d'assurer la sécurité de la personne atteinte de la maladie et de celles qui l'entourent, l'utilisation de contentions peut être nuisible et diminuer l'autonomie et l'estime de soi de la personne. Comprendre les raisons de certains changements de comportements associés à la maladie d'Alzheimer est la première étape dans l'élaboration de stratégies de soins autres que le recours aux contentions.

Les symptômes de la maladie d'Alzheimer et la perte des capacités qui en résulte entraîneront des changements dans la façon dont la personne réagira aux situations. Ces réactions sont peut-être la seule façon par laquelle la personne atteinte de la maladie peut communiquer et elles peuvent être causées par une des situations suivantes.

  • L'évolution de la maladie

    Au fur et à mesure que la maladie attaque différentes régions du cerveau, la personne perd certaines habiletés. Une fois que celles-ci sont perdues, elles ne pourront que très rarement être réapprises. La personne atteinte peut également souffrir de dépression, d'illusion (erreur de perception au sujet d'une personne ou de quelque chose) ou de délire (épisode de confusion intense), et réagir par des comportements que les soignants trouvent difficiles à comprendre.

  • La perte de la capacité de communiquer

    La personne peut ne plus être capable d'exprimer ses besoins comme la faim, la soif, le sommeil ou encore le besoin d'aller à la toilette.

  • L'inconfort physique

    La personne peut avoir un problème physique, comme avoir froid, avoir chaud, avoir mal ou être malade.

  • L'incapacité d'interpréter l'environnement

    La personne pourrait ne plus reconnaître l'environnement physique et se perdre ou encore ne pas comprendre ce qu'elle doit faire dans un endroit particulier, par exemple, à la toilette.

  • L'incapacité de comprendre ou d'accomplir une tâche

    La personne pourrait ne pas comprendre ce qu'on lui demande ou elle pourrait avoir une stimulation excessive ou insuffisante ou encore se sentir bousculée.

Les types de contentions

Il y a trois grands types de contentions :

  • Les contentions physiques qui restreignent ou contrôlent les mouvements ou les comportements. Elles peuvent être attachées au corps de la personne ou servir de barrières.
  • Les contentions chimiques sont des médicaments qui servent à modifier ou à restreindre un comportement. Les tranquillisants et les sédatifs en font partie.
  • Les contentions environnantes qui changent ou modifient l'environnement de la personne afin de restreindre ou de contrôler ses mouvements. Une porte verrouillée en serait un exemple.

Les questions

Pour les personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer :

Restriction de la liberté : Les contentions peuvent diminuer le niveau d'activité physique de la personne et son fonctionnement autonome. Par exemple, une contention chimique peut calmer la personne et la rendre inactive. Une contention physique, comme un plateau de table ou une chaise gériatrique, peut empêcher la personne de se déplacer librement, ce qui peut être une source de frustration. L'utilisation excessive ou inopportune de certaines stratégies de soins peut avoir un effet de contention sur la personne. Ces restrictions de la liberté peuvent entraîner la perte de l'assurance personnelle et de l'estime de soi.

Risque de causer du mal ou une blessure : Les contentions peuvent causer des blessures. Par exemple, dans le cas de l'utilisation de côtés de lit, la personne pourrait sauter par-dessus le côté de lit durant la nuit pour aller à la toilette, et faire une chute.

Perte des capacités : Les restrictions qu'imposent les contentions pourraient résulter en la perte de facultés cognitives et physiques. Par exemple, une personne qui prend des sédatifs durant une longue période pourrait ne jamais retrouver les habiletés qu'elle avait encore avant leur administration.

Pour les membres de la famille et les aidants :

Risque de causer du mal ou une blessure : Certains comportements d'une personne atteinte de la maladie d'Alzheimer peuvent être dangereux pour la personne atteinte et les personnes qui l'entourent. Par exemple, la personne atteinte de la maladie d'Alzheimer pourrait sortir de la maison peu vêtue par une température sous zéro et nuire à sa santé. Également, une personne qui réagit agressivement dans une situation donnée pourrait représenter un risque pour une personne à proximité.

Stratégies de soins appropriées : Les membres de la famille pourraient ne pas connaître des stratégies de soins appropriées pour gérer des comportements causés par la maladie ou les risques associés à l'utilisation de contentions, et décider d'utiliser des contentions ou demander aux professionnels des soins de la santé de les utiliser.

Pour les professionnels des soins de la santé :

Risque de causer du mal ou une blessure : Certains comportements d'une personne atteinte de la maladie d'Alzheimer pourraient être dangereux pour les professionnels des soins de la santé ou d'autres résidents dans l'établissement de soins de longue durée. Par exemple, la personne atteinte de la maladie d'Alzheimer qui réagit de façon agressive pourrait représenter un danger pour les autres résidents et le personnel de l'établissement.

Connaissances, formation et ressources humaines insuffisantes : Certains professionnels des soins de la santé manquent de connaissances sur les questions touchant la maladie d'Alzheimer et les comportements qui y sont associés, et, par conséquent, ne mettent pas en oeuvre des stratégies de soins préférées. Les établissements de soins de longue durée manquent parfois des ressources en éducation, humaines et financières appropriées pour procurer des soins de qualité aux personnes atteintes de la maladie.

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Ce qui est préférable

Ne pas utiliser les contentions

Il est préférable de ne pas utiliser les contentions. Une contention physique, chimique ou environnante ne devrait pas être utilisée comme substitut à un environnement sans danger et bien conçu ou à des soins adéquats des personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer.

La stratégie la plus efficace pour faire face aux comportements difficiles, sans l'utilisation de contentions, est la démarche de résolution de problèmes.

  1. Déterminer le problème : Prendre du recul et déterminer objectivement le problème.
  2. Étudier le problème : La personne essaie-t-elle de communiquer quelque chose ? Quels facteurs pourraient influencer la réaction de la personne ? Que se passe-t-il et pourquoi cela se passe-t-il ? Se peut-il que la personne réagisse à quelque chose ou quelqu'un dans son environnement ?
  3. Faire la liste des stratégies possibles : Penser à toutes les solutions possibles.
  4. Choisir une stratégie : Évaluer les avantages et les inconvénients de chaque stratégie avant d'en choisir une.
  5. Prendre des mesures : Mettre en oeuvre la stratégie choisie.
  6. Évaluer les résultats : La stratégie choisie a-t-elle fonctionné ? Dans la négative, pourquoi ? Devrait-on essayer une autre stratégie ?

La stratégie choisie ne fonctionne pas toujours ou encore, elle peut fonctionner la première fois, mais échouer dans les essais ultérieurs. Si la stratégie n'a pas été un succès, il pourrait être utile d'en parler avec le médecin ou une personne de la société Alzheimer régionale pour comprendre à quoi attribuer l'échec. Ces personnes pourraient vous suggérer d'autres approches.

Quand les stratégies sans contentions s'avèrent inefficaces

  • Il est préférable de ne pas utiliser de contentions.

    Si toutes les autres approches ont été essayées sans succès et qu'on envisage l'utilisation de contentions, il importe de tenir compte de ce qui suit :

    • Le problème a-t-il été clairement défini ?
    • A-t-on fait une évaluation afin de déterminer les raisons de l'intervention ?
    • A-t-on essayé d'autres stratégies ?
    • A-t-on réfléchi sérieusement aux raisons justifiant l'utilisation d'une contention en particulier ?
    • Quels sont les risques et les avantages pour la personne atteinte de la maladie d'Alzheimer et les autres personnes ?
  • Contention minimale

    Il est parfois nécessaire d'utiliser une contention minimale pour traiter certains comportements pour lesquels on ne trouve pas de stratégies non restrictives et afin d'assurer la sécurité de la personne et de celles qui l'entourent. Si on a recours aux contentions, il est crucial d'utiliser la contention la moins contraignante possible et de l'utiliser de façon appropriée. Également, il est essentiel d'établir des objectifs à court terme, de suivre de près la personne et de la réévaluer régulièrement.

  • Utilisation inappropriée des contentions

    Une contention est inappropriée si elle mal utilisée ou utilisée trop souvent. Par exemple, lorsque l'utilisation de la contention modifie la capacité de la personne de participer aux activités de la vie quotidienne, lui cause du stress ou diminue la qualité de la vie.

Le tableau suivant donne des exemples d'utilisation et de risques associés aux trois types de contentions.

Type de contention
Utilisation minimale
Utilisation inappropriée
Risques potentiels
Physique
Utilisation d'une ceinture abdominale pour aider la personne à rester assise et à participer à l'activité.
Utilisation d'un plateau de table afin d'empêcher la personne de circuler.

Chutes plus fréquentes.

Frustration et agitation plus marquées.

Chimique

Utilisation de médicaments pour mettre fin au comportement perturbateur et permettre à la personne de participer pleinement aux activités de la vie quotidienne.
Le plan de traitement médicamenteux est assorti d'objectifs à court terme et la personne est suivie de près et évaluée afin de s'assurer que le médicament lui permet de participer aux activités de la vie quotidienne.

Utilisation d'un médicament pour arrêter le comportement perturbateur sans une évaluation adéquate des effets secondaires.

Confusion plus grande.

Désorient-
ation plus grande.

Risque accru de chutes.

Environ-
nant

Un jardin protégé avec accès libre à l'intérieur de l'immeuble.
Une porte de chambre verrouillée.
Frustration et agitation accrue.

En conclusion...

La stratégie de soins préférable est de ne pas utiliser de contentions. Lorsqu'on envisage des contentions minimales, il faut déterminer avec soin les répercussions positives et négatives sur la personne atteinte de la maladie et les personnes qui l'entourent, et assurer un suivi de près. L'utilisation de contentions ne devrait en aucun cas nuire au bien-être physique et mental de la personne.

Documentation :

De la Société Alzheimer du Canada :

  1. L'évolution de la maladie d'Alzheimer Module 4. Comprendre la maladie d'Alzheimer : le lien entre le cerveau et le comportement

Autres :

  1. Dementia with Dignity. Eastway Communication, Crow's Nest, NSW, 2002. Site Internet : www.mediaonevideo.com. (en anglais)
  2. Everyone Wins! Quality Care Without Restraints [cassette vidéo avec livrets)]. Independent Production Fund, New York, NY, 1995. (en anglais)
  3. Understanding Difficult Behaviours: Some Practical Suggestions for Coping with Alzheimer's Disease and Related Illnesses. Anne Robinson, Beth Spencer et Laurie White, Geriatric Center of Michigan, Ypsilanti, Michigan, 1989. (en anglais)
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Dernière révision et mise à jour de cette page : octobre 2005.
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