La
participation à la recherche
Contexte
Des
chercheurs partout dans le monde travaillent pour trouver
les causes, de meilleurs traitements et, en fin de compte,
un traitement curatif de la maladie d'Alzheimer et des
maladies neurodégénératives connexes.
De plus, les chercheurs tentent de mieux comprendre les
effets psychologiques et sociaux de la maladie sur les
personnes atteintes et leur famille. De nombreuses personnes
et familles touchées par la maladie d'Alzheimer
trouvent réconfort et espoir à l'idée
qu'elles peuvent aider à mieux faire comprendre
la maladie et ses effets.
Les
questions
Pour
les personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer :
Capacité de
prendre des décisions éclairées
: Au
fur et à mesure que les capacités cognitives
comme la mémoire, le langage, la pensée
et le jugement, diminuent, les personnes atteintes
de la maladie d'Alzheimer sont de moins en moins capables
de réaliser pleinement les conséquences
de leur participation à une recherche et donc,
de continuer à prendre des décisions éclairées.
Il est impérieux de s'assurer que les personnes
atteintes de la maladie ne soient pas exposées à des
dangers ou exploitées de quelque façon
que ce soit.
Pour
les membres de la famille et les aidants :
Besoins
conflictuels : La
participation de la personne atteinte de la maladie
d'Alzheimer à des recherches est souvent très
exigeante pour la famille et peut être une source
de désaccord entre les souhaits de la personne
atteinte de la maladie et les souhaits des membres
de la famille.
Rôle
du décisionnaire remplaçant : Lorsqu'une
personne est incapable de comprendre les conséquences
de sa participation à la recherche, la décision
revient, dans certaines provinces, à la personne
qui a été désignée comme
décisionnaire remplaçant (généralement
un membre de la famille). Si la personne atteinte de
la maladie d'Alzheimer n'a pas indiqué au préalable
son souhait de participer à la recherche, il
pourrait être difficile pour le décisionnaire
remplaçant d'évaluer les risques et les
avantages de la participation de la personne à la
recherche.
Pour
les chercheurs :
S'assurer
de la prise de décision éclairée
: Les
chercheurs doivent s'assurer que les participants à la
recherche, y compris les personnes qui ont des problèmes
cognitifs, comprennent parfaitement les conséquences
de leur participation pendant toute la durée
de l'étude. Lorsque la personne n'est plus capable
de prendre une décision éclairée,
le chercheur devrait s'assurer que le décisionnaire
remplaçant fait des choix qui respectent les
souhaits de la personne.
La
distinction entre les soins et la recherche : La
ligne de démarcation entre la prestation des
soins à la personne atteinte de la maladie d'Alzheimer
et l'engagement du professionnel des soins de la santé envers
la recherche est parfois imprécise. Il peut
y avoir un conflit d'intérêts potentiel
quand des chercheurs qui font des essais cliniques
de médicaments sont financés par l'industrie
pharmaceutique.
L'utilisation
des placebos dans les essais cliniques de médicaments
: Pour découvrir si un médicament
est sans danger et efficace, une étude compare
généralement un groupe de personnes qui
prend le médicament expérimental à un
groupe qui prend un placebo (par exemple, une pilule
qui ressemble au nouveau médicament, mais qui
n'a aucun effet médical). Cela veut dire qu'une
personne qui participe à une étude sur
un médicament pourrait recevoir un placebo et
ne pas avoir accès aux médicaments qui
sont déjà disponibles sur le marché.
La
disponibilité des médicaments pour le traitement
des symptômes de la maladie d'Alzheimer a entraîné un
débat sur le caractère opportun de continuer à utiliser
des placebos dans les études de nouveaux médicaments
pour la maladie d'Alzheimer.
L'utilisation
de placebos dans les essais de médicaments fait
l'objet d'une étude nationale. Un projet national
canadien étudie actuellement la question et les
lignes directrices qui en résulteront pourront
sans doute guider les essais futurs de médicaments
au Canada.

Principes
qui guident la recherche sur la maladie d'Alzheimer au
Canada
L'Énoncé de
politique des trois Conseils : Éthique de la
recherche avec des êtres humains régit
la recherche avec des êtres humains menée
au Canada dans les universités et les hôpitaux
universitaires. Les trois organismes de recherche du
gouvernement fédéral du Canada qui subventionnent
diverses activités de recherche avec des humains
au pays ont élaboré cet Énoncé de
politique. Il décrit la façon dont
la recherche doit être menée afin d'être
sans danger et éthique, et décrit la
procédure de consentement. Chaque étude
doit être examinée et approuvée à l'avance
par un comité ou un conseil d'examen de l'éthique
de la recherche Cette instance est également
responsable de surveiller le protocole de recherche
afin de s'assurer qu'il respecte les exigences de l'Énoncé de
politique des trois Conseils. Ces exigences indiquent également
que le consentement éclairé doit être
obtenu et réitéré pour toutes
les recherches.
Actuellement, les études
avec des êtres humains menées au Canada à l'extérieur
d'une université ou d'un centre hospitalier
affilié ne sont pas nécessairement régies
par l'Énoncé de politique des trois
Conseils et peuvent faire l'objet d'un examen
selon des normes différentes. C'est le cas,
par exemple, de la recherche sur un nouveau médicament
qui est subventionnée par le fabricant et qui
est menée dans les cabinets privés des
médecins de famille. Bien que ces études
doivent satisfaire à certaines normes d'éthique
et soient aussi soumises à un examen, elles
ne satisfont pas nécessairement à toutes
les normes décrites dans l'Énoncé de
politique des trois Conseils.
Quand
on considère la participation à une recherche,
il est bon de poser les questions suivantes :
- Qui
est le commanditaire de l'étude ?
- Qui
a mené l'examen éthique du projet d'étude
?
- L'examen éthique
a-t-il été mené selon les règles
de l'Énoncé de politique des trois
Conseils ?
Ce
qui est préférable
Certains
principes devraient être respectés lorsque
des personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer participent à une
recherche :
Respect
des souhaits de la personne
On
devrait en tout premier lieu tenir compte des souhaits
de la personne atteinte de la maladie d'Alzheimer lorsqu'il
est question de sa participation à la recherche.
L'évaluation de la capacité de la personne
de prendre une décision éclairée
devrait porter sur sa capacité de comprendre la
nature de la recherche, de réaliser les conséquences
de sa participation à l'étude et de comprendre
les autres choix possibles. La capacité de la
personne de faire un choix éclairé dépendra
du stade de la maladie. À plusieurs reprises durant
l'évaluation, on vérifiera si la personne
consent toujours à participer à la recherche.
Quelques
facteurs à prendre en considération
- Rôle
du décisionnaire remplaçant
Lorsque
la personne atteinte de la maladie d'Alzheimer ne
peut plus donner son consentement de façon éclairée,
on doit obtenir la permission auprès du décisionnaire
remplaçant. Le décisionnaire peut être
nommé par la personne ou par la cour. Les
lois visant les décisionnaires remplaçants
et la participation à la recherche varient
d'une province à l'autre.
Il
se peut que les souhaits de la personne atteinte
de la maladie d'Alzheimer diffèrent de ceux
du décisionnaire remplaçant. L'équipe
de recherche a l'obligation de déterminer
au meilleur de sa compétence si on a tenu
compte des souhaits de la personne en prenant la
décision, et si cela est impossible à déterminer,
si la décision a été prise dans
l'intérêt de la personne.
- Le
calcul des risques et des avantages
Calculer
les risques et les avantages de la recherche sur
la maladie d'Alzheimer n'est pas facile pour tous
les gens concernés. Les niveaux de risque
varient d'une étude à l'autre et chaque
personne a sa propre perception du risque. Compte
tenu de la participation fréquente des aidants
de la famille à la recherche sur la maladie
d'Alzheimer, il faut évaluer les risques et
les avantages de la recherche, non seulement pour
les personnes atteintes de la maladie, mais aussi
pour les membres de leur famille.
Les
comités ou conseils d'éthique locaux
ont la tâche d'évaluer les risques et
les avantages des études et d'en tenir compte
lorsqu'ils décident d'approuver une étude.
Les renseignements au sujet des risques et des avantages
sont alors transmis à la personne ou au décisionnaire
remplaçant dans le cadre du processus de consentement éclairé.
Tout
au long de la recherche, toutes les personnes concernées
devraient continuer d'évaluer les risques
et les avantages, et réitérer l'engagement
des personnes atteintes et de leur famille envers
la participation à la recherche.
- La
démarcation entre les soins médicaux
et la recherche
Tout
le monde doit clairement comprendre la distinction
entre le rôle des professionnels de la santé dans
les soins de la santé de la personne et l'engagement
envers la recherche. Les soins médicaux de
la meilleure qualité qui soit sont la priorité et
ne doivent en aucun temps entrer en conflit avec
la participation à la recherche.
- La
participation équitable
Toutes
les personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer,
peu importe le stade de la maladie, devraient avoir
l'occasion de participer à la recherche. Cependant,
il est important de reconnaître que chaque étude
a ses propres objectifs et ses critères spécifiques
qui décrivent qui peut et ne peut pas participer à une étude
particulière, pour des raisons de sécurité et
de justesse scientifique de l'étude. Les personnes
ont le droit de décider de participer ou pas à une étude,
de même que de se retirer en tout temps d'une étude,
sans que leur décision n'entraîne des
répercussions négatives sur les soins
de santé qu'elles reçoivent.
- La
communication continue
Pendant
toute la durée de la participation de la personne à la
recherche, il est essentiel que l'équipe de
recherche maintienne le dialogue avec la personne
atteinte de la maladie d'Alzheimer, les membres de
sa famille et les professionnels des soins de la
santé. Bien que la nature et la fréquence
de la communication sera différente en fonction
du type d'étude, les chercheurs devraient
toujours remettre à toutes les personnes qui
ont participé à la recherche un résumé des
résultats de l'étude, lorsqu'elle sera
terminée.
En
conclusion...
Si
nous voulons accroître nos connaissances sur la
maladie d'Alzheimer et développer des traitements
efficaces, toutes les parties concernées doivent échanger
ouvertement afin de s'assurer que l'intérêt
de la personne atteinte de la maladie d'Alzheimer demeure
la priorité en tout temps.

Documentation
:
- Communiquez
avec votre société Alzheimer
régionale pour obtenir de l'information
spécifique de votre province sur les décisionnaires
remplaçants pour les soins de la santé.
- Énoncé de
politique des trois Conseils : Éthique de
la recherche avec des êtres humains. Conseil
de recherches médicales du Canada (CRM), au
Conseil de recherches en sciences naturelles et en
génie du Canada (CRSNG) et au Conseil de recherches
en sciences humaines du Canada (CRSH), Octobre 1999.
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