Conduire
un véhicule
Contexte
Conduire
un véhicule motorisé est une activité complexe
qui demande des réactions rapides, la capacité de
partager et de maintenir son attention (par exemple,
surveiller les feux de circulation et les piétons
tout en appuyant sur l'accélérateur ou
le frein), un bon jugement, la compréhension et
la mémoire du code de la route, la capacité de
trouver la destination voulue ainsi qu'une bonne vue
et une bonne ouïe. La conduite procure également
la liberté, l'indépendance et la mobilité.
Bien que la conduite d'un véhicule soit un privilège,
certaines personnes la considèrent comme un droit.
La
maladie d'Alzheimer entraîne des changements qui
affectent la capacité de la personne de conduire
un véhicule prudemment. Le diagnostic de la maladie
d'Alzheimer ne signifie par automatiquement que la personne
est incapable de conduire. Selon le moment du diagnostic
et la rapidité d'évolution de la maladie,
certaines personnes peuvent encore conduire sans danger
pendant un certain temps. Cependant, la personne atteinte
de la maladie d'Alzheimer devra éventuellement
cesser de conduire parce que cette activité ne
sera plus sûre. Il n'existe actuellement aucun
test national uniformisé pour déterminer
le moment où une personne atteinte de la maladie
d'Alzheimer ne peut plus conduire en sécurité un
véhicule automobile.
Les
questions
Pour
les personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer :
Perte
de l'indépendance, de la liberté et de
la mobilité : Certaines
personnes reconnaîtront et admettront difficilement
qu'elles n'ont plus les capacités nécessaires
pour conduire un véhicule tandis que d'autres
renonceront d'elles-mêmes à conduire.
La perte de la liberté de circuler comme bon
lui semble peut avoir un effet dévastateur sur
la personne. La personne atteinte de la maladie d'Alzheimer était
peut-être le seul conducteur de la maison. Également,
de nombreuses collectivités n'offrent pas d'autres
moyens de transport ou les moyens de transport offerts
sont dispendieux ou peu commodes.
Pour
les membres de la famille et les aidants :
Déterminer
le moment où la conduite n'est plus sûre
: Quand
la personne ne peut pas reconnaître ou admettre
qu'elle a perdu les capacités de conduire, il
arrive souvent que les membres de la famille ou les
aidants doivent intervenir, parce qu'ils sont préoccupés
par les risques que court la personne, les risques
que court le public et les risques de responsabilité en
cas d'accident.
Il
se peut que les membres de la famille ne s'entendent
pas sur le moment où la personne atteinte de la
maladie d'Alzheimer devrait cesser de conduire. Certains
membres de la famille seront d'avis que la personne doit
arrêter de conduire immédiatement après
le diagnostic tandis que d'autres pourraient refuser
d'envisager la conduite risquée de la personne
afin qu'elle puisse continuer à jouir d'un sentiment
d'indépendance.
Les
membres de la famille et les aidants trouvent souvent
difficile de suggérer à la personne atteinte
de la maladie d'Alzheimer de cesser de conduire. Ils
craignent qu'une discussion sur la perte de capacité et
la nécessité d'arrêter de conduire
nuise à la qualité de leur relation avec
elle.
Pour
les médecins :
Déterminer
le moment où la conduite n'est plus sûre
: On
fait souvent appel aux médecins pour aider les
personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer et leur
famille à déterminer si la personne peut
continuer à conduire. Cependant, les médecins
:
- voient
les personnes brièvement durant une visite médicale
et non quand elles sont au volant de leur voiture;
- n'ont
peut-être pas la formation nécessaire
pour évaluer les capacités de conduire
de la personne;
- doivent
se fier à l'information de la personne et des
membres de la famille qui n'est pas nécessairement
objective ou fiable;
- craignent
que de dire à leur patient d'arrêter de
conduire puisse nuire à la relation entre le
médecin et le patient.
Dans
certaines provinces, les médecins sont tenus par
la loi et leur code de déontologie de signaler
tout problème de santé qui pourrait nuire à la
capacité de conduire de la personne. Ils pourraient également être
tenus responsables si leur patient atteint de la maladie
d'Alzheimer était impliqué dans un accident
d'auto et qu'ils n'avaient pas signalé le problème
de conduite automobile aux autorités provinciales
responsables d'émettre les permis de conduire.

Ce
qui est préférable
Quand
la conduite est considérée comme dangereuse
:
- Cesser
immédiatement de conduire
La
personne doit cesser immédiatement de conduire
si la sécurité est en jeu. Voici des
signes qui indiquent que les capacités de
conduire de la personne ont diminué : temps
de réaction trop long, infractions au code
de la route, accidents, prendre trop de temps pour
arriver à destination ou ne pas arriver à destination.
Tant
que la personne est encore capable de conduire :
- Planifier
Planifier
d'avance le moment où la personne devra cesser
de conduire. Discutez avec elle des situations où elle
a le plus besoin de conduire et des raisons pour
lesquelles elle utilise la voiture. Par exemple,
se sert-elle de la voiture pour aller à ses
rendez-vous chez le médecin, pour magasiner,
ou utilise-t-elle son véhicule pour aller à des
spectacles, pour rencontrer des amis ou encore la
conduite est-elle pour elle une forme d'évasion
ou de relaxation? Après avoir déterminé ses
besoins, vous devriez discuter des options de rechange
possibles comme le transport en commun, les services
d'organisations communautaires et le transport par
les membres de la famille et les amis.
- Évaluation
de la conduite
Informez-vous
des tests qui existent pour évaluer les capacités
de la personne de conduire. L'évaluation pourrait
prendre la forme d'une simulation de la conduite
ou d'un test routier mené par une personne
expérimentée dans l'évaluation
des conducteurs qui ont des problèmes cognitifs.
Si
ce type d'évaluation de la conduite n'est
pas offert, demandez l'aide d'un médecin pour
déterminer si la personne est encore apte à conduire
et le moment où elle ne le sera plus. Le médecin
posera peut-être des questions à la
personne et aux membres de la famille sur les points
suivants :
- les
habitudes de conduite (quand et où la personne
conduit);
- des
différences observées dans la conduite;
- des
exemples de conduite imprudente ou anormale;
- des
contraventions pour infractions au code de la route
(conduire trop lentement ou vite, faire des virages
interdits, ne pas respecter les arrêts);
- des
accidents, des petits accrochages ou des accidents évités
de justesse;
- des
exemples où la personne a perdu son chemin;
- le
degré d'aisance de la personne ou des membres
de la famille face aux capacités de conduire
de la personne.
- Suivi
permanent
Tout
au long de la maladie, les membres de la famille,
un médecin ou un autre professionnel des soins
de la santé devront évaluer la capacité de
conduire de la personne et prendre les mesures qui
s'imposent.
En
cas de conflit
Les
réactions face aux restrictions de conduire varient
d'une personne à l'autre. Certaines personnes
accepteront immédiatement la situation tandis
que d'autres résisteront avec force. Certaines
personnes reconnaîtront la diminution de leurs
capacités et se restreindront ou arrêteront
de conduire d'elles-mêmes. D'autres personnes accepteront
plus facilement cette décision si la perte du
privilège est discutée ouvertement et dans
une atmosphère de confiance, et si un individu
objectif aux yeux de la personne lui présente
l'information.
D'autres
toutefois résisteront à la perte du privilège
de conduire ou oublieront simplement qu'elles ne sont
plus capables de conduire. Dans ces cas, les membres
de la famille devraient demander au médecin ou à d'autres
membres de l'équipe des soins médicaux
de les aider à aborder cette question avec la
personne en cause. Il est important que cette question
n'interfère pas avec les soins de la santé ou
le soutien. Par exemple, cela pourrait se produire si
la personne atteinte de la maladie d'Alzheimer se fâche
contre son médecin et refuse d'aller à ses
rendez-vous futurs.
Parfois
une discussion honnête ne résultera pas
en l'acceptation de la perte du privilège de conduire.
Dans ce cas, il peut s'avérer nécessaire
de recourir à d'autres moyens pour empêcher
la personne de conduire, comme de cacher les clés
du véhicule.
Quand
décider que la personne doit arrêter de
conduire est une situation extrêmement stressante
pour la personne atteinte de la maladie d'Alzheimer et
les membres de sa famille. Parler de cette décision
avec des professionnels des soins de la santé et
d'autres personnes qui sont ou ont été dans
des situations semblables peut vous apporter information
et soutien.
En
conclusion...
La
vie des personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer
devrait être aussi libre et satisfaisante que possible.
Il est toutefois reconnu qu'une existence où l'on
ne tient compte d'aucun risque n'est pas possible. Durant
la maladie, les capacités de conduire de la personne
doivent faire l'objet d'un suivi, mais il ne faut jamais
prétendre qu'il y a un risque sans faire une évaluation
individuelle, ni retirer prématurément
le privilège de conduire. Par la même occasion,
il faut reconnaître qu'une personne atteinte de
la maladie d'Alzheimer qui conduit sans être capable
représente un danger pour elle-même et pour
la collectivité.
Restreindre
ou interdire la conduite d'un véhicule peut menacer
le sentiment d'indépendance et le besoin de liberté d'une
personne. Il est donc difficile pour la personne atteinte
de la maladie d'Alzheimer, les membres de la famille,
le médecin et l'équipe des soins de la
santé de savoir comment et quand insister pour
que la personne cesse de conduire. D'autres débats
publics sur cette question seront nécessaires,
car le nombre de Canadiens qui reçoivent un diagnostic
de la maladie d'Alzheimer ne cesse de grimper.
Communiquez
avec votre société Alzheimer
régionale pour de l'information plus détaillée
sur les lois provinciales obligeant de signaler les conducteurs
incapables de conduire et sur les programmes d'évaluation
de la conduite d'un véhicule dans votre province.

Documentation
:
- Déterminer
l'aptitude médicale à conduire : Guide
du médecin, l'Association médicale
canadienne, 2000. (Addendum le
1er février 2005.)
- La
Conduite Automobile et la Démence : Trousse
d'Information.
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