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Prise
de décisions : respecter le choix individuel
Contexte
Il
est important pour chacun de nous de prendre des décisions
et d'avoir le contrôle de sa propre vie. Il en
est de même pour les personnes atteintes de la
maladie d'Alzheimer ou d'une maladie neurodégénérative
connexe. Cependant, la capacité d'une personne
atteinte de la maladie d'Alzheimer à prendre des
décisions simples ou complexes varie énormément
et dépend de sa personnalité et de la progression
de la maladie.
Les
questions
Pour
les personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer :
Possibilités
de prendre des décisions : Le
diagnostic de la maladie d'Alzheimer ne signifie par
nécessairement que la personne est immédiatement
incapable de prendre des décisions. Cependant,
au fur et à mesure que la maladie évolue,
la capacité de la personne de prendre des décisions
change. Devant les capacités réduites
de la personne, les aidants choisissent parfois de
prendre toutes les décisions et de ne pas donner à la
personne atteinte de la maladie d'Alzheimer l'occasion
de prendre ses propres décisions. C'est le cas,
non seulement dans les décisions qui touchent
les activités de la vie quotidienne, mais également
qui concernent les soins et le soutien futurs de la
personne.
Respect
des souhaits de la personne : Il arrive parfois
que ceux et celles qui prennent les décisions
au nom de la personne atteinte de la maladie ne respectent
pas les souhaits de la personne pour les guider dans
leurs choix et mettent de l'avant leurs propres intérêts
personnels.
Pour
les membres de la famille et les aidants, les décisionnaires
remplaçants et les professionnels des soins
de la santé :
Évaluation
des capacités : D'une
part, les personnes qui donnent de l'aide et du soutien
ne sont peut-être pas capables d'évaluer
la capacité de la personne de prendre des décisions
et peuvent prématurément commencer à prendre
des décisions au nom de cette personne. D'autre
part, les membres de la famille peuvent trouver difficile
de confronter la personne à sa perte de capacité de
prendre des décisions et choisir de ne rien
faire, même s'ils savent que la personne ne prend
pas les bonnes décisions.
Stratégies
de prise de décisions : Les personnes qui
prodiguent les soins ne connaissent peut-être
pas les stratégies qui aideront la personne
atteinte de la maladie d'Alzheimer à prendre
de nombreuses décisions personnelles. Ou encore,
il se peut que les aidants trouvent que ces stratégies
imposent un rythme plus lent. Également, ils
ne sont peut-être pas conscients à quel
point les prises de décisions sont importantes
pour la confiance et l'estime de soi de la personne.
Difficulté des
prises de décisions des décisionnaires
remplaçants : Au fur et à mesure
que la personne perd sa capacité de prendre
des décisions, de plus en plus de décisions
devront être prises par d'autres -- les membres
de la famille, les décisionnaires remplaçants
et les professionnels des soins de la santé.
Il peut être particulièrement difficile
et stressant de prendre des décisions pour une
autre, d'autant plus quand les valeurs et les souhaits
de la personne atteinte de la maladie d'Alzheimer sont
inconnus, imprécis ou impossibles à respecter,
ou qu'ils entrent conflit avec ceux du décisionnaire
remplaçant, de la famille ou de la société.
Par exemple, la personne pourrait exprimer le souhait
de vivre à son domicile, mais son tabagisme
pourrait représenter un risque d'incendie pour
elle et ses voisins. Également, lorsque plusieurs
aidants participent aux prises de décision,
ils ne s'entendent peut-être pas toujours sur
les souhaits de la personne.
Ce
qui est préférable
- Reconnaître
les capacités
Reconnaître
les capacités de la personne, les respecter
et les encourager. Les aidants et les membres de
la famille devraient aider la personne à prendre
des décisions de façon indépendante
et la faire participer aux décisions. En outre,
il est important de planifier pour quand viendra
le moment où la personne ne pourra plus prendre
des décisions par elle-même.
- Planifier
l'avenir
Idéalement,
tant qu'elle en est capable, la personne atteinte
de la maladie devrait discuter ouvertement et franchement
avec le décisionnaire remplaçant des
décisions concernant ses soins de santé et
personnels, et ses affaires financières. Si
possible, on devrait consigner dans un document légal
les souhaits de la personne et nommer un décisionnaire
remplaçant. Les lois concernant une directive
préalable et la nomination d'un décisionnaire
remplaçant varient d'une province à l'autre.
- S'adapter
aux capacités changeantes
Au
fur et à mesure que la maladie évolue,
les personnes qui participent aux soins de la personne
devraient déterminer les capacités
qui subsistent, décomposer des tâches
et des décisions complexes en options simples à comprendre
et respecter les choix de la personne.
- Respecter
les valeurs et les souhaits de la personne
Quand
vient le moment où la personne n'est plus
capable de prendre des décisions, le décisionnaire
remplaçant devrait respecter les souhaits
exprimés par la personne. Si ses souhaits
sont inconnus, le décisionnaire remplaçant
devrait prendre les décisions en se fondant
sur ce qu'il pense que la personne aurait souhaité. Également,
selon le type de décision, le décisionnaire
remplaçant devra peut-être évaluer
les avantages et les inconvénients des choix,
de même que leurs répercussions sur
la qualité de la vie et le bien-être
de la personne.

Stratégies
pour faciliter les prises de décisions
- Participation
de la personne
Notre
sentiment d'indépendance et notre satisfaction
personnelle viennent chaque jour du fait que nous
pouvons déterminer et influencer les détails
de notre vie quotidienne. Au fur et à mesure
que les capacités de la personne atteinte
de la maladie d'Alzheimer diminuent, ceux et celles
qui fournissent des soins et un soutien doivent s'assurer
que la personne continue à prendre part au
plus grand nombre de décisions possibles.
Voici quelques stratégies qui seront utiles
:
- Réduire
le nombre d'options pour chaque décision.
Par exemple, dire : « Voulez-vous prendre
un bain maintenant ou plus tard ? » plutôt
que « Quand voulez-vous prendre un bain
? »
- Aider
la personne étape par étape. « Voulez-vous
faire une promenade maintenant ? », « Voulez-vous
porter le chandail bleu ou rouge ? », « Allons-nous
au jardin ou au parc ? »
- Être à l'écoute
et sensible aux messages que la personne atteinte
de la maladie d'Alzheimer transmet par des expressions
du visage, un ton de voix ou un geste. Les sentiments
et les émotions sont encore intacts bien
après que les mots ont perdu leur sens.
La personne atteinte de la maladie d'Alzheimer
peut communiquer quelque chose à tout personne
qui apprend à décoder les signaux émotifs
transmis.
- Discussion
franche
Pour
la plupart, les personnes ne sont pas à l'aise
de planifier le moment où elles ne pourront
plus prendre des décisions et avoir le contrôle
de leur vie. Il peut être difficile de discuter,
par exemple, de valeurs personnelles telles que la
maladie et la mort, les finances et le milieu de
vie. Mais garder le silence sur ces questions peut
résulter, pour des personnes, en l'impossibilité d'exprimer
et de réaliser leurs souhaits concernant leurs
soins personnels.
Pendant
qu'elle est encore capable de prendre des décisions,
on devrait encourager la personne à discuter
avec les membres de sa famille de ses choix et de
la personne qui sera son décisionnaire remplaçant.
Les membres de la famille et les décisionnaires
remplaçants devraient connaître les
valeurs de la personne et comment elle définit
la qualité de la vie. La discussion de ces
questions aide la personne à avoir le sentiment
de contrôler les décisions futures qui
seront prises, en plus de soutenir et de rassurer
les futurs décisionnaires remplaçants.
- Décisionnaire
remplaçant
Il
faut désigner un ou des décisionnaires
remplaçants. On peut confier le mandat à une
seule personne ou confier les décisions concernant
les soins de la santé à une personne
et les décisions financières à une
autre personne. Au moment de choisir le décisionnaire
remplaçant, considérez la disponibilité de
la personne à l'égard de ce rôle,
sa compréhension et son respect des valeurs
et des souhaits de la personne atteinte de la maladie,
sa capacité de travailler en collaboration
avec les autres et de pouvoir résoudre les
situations conflictuelles. Une fois le décisionnaire
remplaçant choisi, la personne atteinte de
la maladie pourrait discuter avec ce dernier des
méthodes qu'il favorisera pour régler
les différends, le cas échéant.
Les lois concernant les décisionnaires remplaçants
varient d'une province à l'autre. Communiquez
avec votresociété Alzheimer
régionale pour obtenir de l'information
plus détaillée.
- Directive
préalable
Les
valeurs et les souhaits de la personne peuvent être
consignés par écrit dans une directive
préalable. C'est un document qui renferme
les souhaits de la personne sur ses choix concernant
les types de soins futurs. Si la personne devenait
incapable de prendre des décisions, la directive
préalable guidera les décisionnaires
remplaçants. Les autres termes utilisés
au Canada pour désigner une directive préalable
sont testament biologique, procuration perpétuelle
et procuration permanente pour soins de la santé.
Les lois sur les directives préalables varient
d'une province à l'autre. Communiquez avec
votre société Alzheimer
régionale pour obtenir de l'information
plus détaillée.
- Évaluation
de la compétence
Pour
certaines décisions importantes, vous devrez
peut-être faire évaluer et déterminer
par des experts la capacité de la personne à prendre
une décision spécifique. Les lois qui
régissent l'évaluation de la capacité d'une
personne à prendre des décisions varient
d'une province à l'autre. Communiquez avec
votre société Alzheimer
régionale pour obtenir de l'information
plus détaillée.
- Quand
les décisions sont difficiles à prendre
Si
le temps est venu pour le décisionnaire remplaçant
de prendre des décisions au nom de la personne
atteinte de la maladie, il doit s'efforcer de respecter
les souhaits exprimés par la personne. En
cas de conflit ou si les souhaits de la personne
ne sont pas connus, sont imprécis ou ne peuvent
pas être réalisés, le décisionnaire
devrait fonder sa décision en tenant compte
de ce qui suit :
- les
valeurs de la personne atteinte de la maladie d'Alzheimer;
- l'évaluation
des avantages et des désavantages des décisions
prises pour la personne, les aidants et les autres
personnes que ces décisions pourraient toucher;
- les
répercussions sur le bien-être physique
et émotif de la personne;
- les
répercussions sur la qualité de la
vie de la personne et des aidants.
En
cas de désaccord entre les besoins et souhaits
de la personne et ceux exprimés par les membres
de la famille, les aidants ou les professionnels
des soins de la santé, on devrait consulter
une tierce partie impartiale qui aidera à résoudre
la question. Toutefois, certaines décisions
pourraient prendre du temps à être résolues.

Quelques
sujets de discussion
Soins
futurs de la santé
Quel
traitement la personne voudrait-elle pour d'autres problèmes
graves de santé comme un maladie cardiaque ou
le cancer ? Opterait-on pour une chirurgie de confort,
comme le retrait des cataractes ? Les décisions
doivent tenir compte de l'effet du traitement sur la
santé physique et cognitive de la personne.
Soins
en phase terminale
Le
tableau suivant résume les différents types
de traitement que le décisionnaire doit comprendre
avant de prendre une décision concernant les soins
dans les derniers stades de la maladie. Connaître
d'avance les souhaits de la personne dans ces situations
difficiles peut alléger le fardeau de prendre
une décision. Cependant, les professionnels des
soins de la santé pourraient ne pas offrir certains
choix en raison de leur inefficacité ou de leur
effet plus nuisible que bienfaisant.
| Type
de traitement |
Ce
que cela implique |
| Soins
médicaux extraordinaires |
But
: prolonger la vie par le recours aux différents
types de traitement disponibles.
Les
traitements pourraient être prodigués à domicile
ou à l'hôpital. Par exemple, l'alimentation
par sonde lorsque la personne ne peut plus avaler
ou l'utilisation d'un respirateur quand la personne
ne peut plus respirer par elle-même. |
| Soins
médicaux traditionnels |
But
: maintenir ou améliorer l'état de
santé actuel.
Ces
soins sont considérés comme courants
ou usuels. Par exemple, des médicaments
pour la tension artérielle pour traiter
l'hypertension, de l'insuline pour contrôler
le diabète, des antibiotiques pour combattre
une infection ou des soins pour une fracture de
la hanche. |
| Soins
de soulagement ou palliatifs |
But
: procurer des soins actifs dans un esprit de compassion
quand on ne vise plus le traitement.
Le
contrôle de la douleur et des symptômes
est la priorité, tout comme les besoins
physiques, émotifs, spirituels, sociaux
et culturels de la personne et de sa famille. |
Finances
Personne
responsable : Une personne a-t-elle été désignée
pour s'occuper des affaires financières de la
personne ? Il peut s'agir ou non de la même personne
responsable des décisions concernant les soins
de la santé et personnels.
Documents
financiers : Les documents financiers et légaux
comme le testament, les polices d'assurance et les
comptes bancaires sont-ils rassemblés dans un
lieu sûr ?
Priorités
financières : Des priorités financières
ont-elles été établies ? Par exemple,
la personne atteinte de la maladie d'Alzheimer pourrait
préciser que sa priorité principale est
d'utiliser ses ressources financières pour assurer
son confort et son bien-être.
Soins
personnels
Langue
: Quelle
langue devrait être utilisée pour communiquer
avec la personne atteinte de la maladie d'Alzheimer
?
Alimentation
: Y a-t-il une diète spécifique que
la personne aimerait suivre ? Par exemple, végétarienne,
kasher.
Hygiène
: Est-ce qu'une tenue soignée est importante
? Y a-t-il des routines particulières que la
personne aimerait suivre ? Par exemple, sécher
les cheveux, tailler la barbe.
Vêtements
: Y a-t-il des vêtements particuliers que
la personne aime porter ? Par exemple, chandail préféré,
taleth, turban.
Routines
quotidiennes : Y a-t-il des routines quotidiennes à suivre
? Est-elle une personne matinale ou qui reste éveillée
tard ? Par exemple, prendre le thé avant le
petit déjeuner, écouter le téléjournal
tous les soirs.
Routines
de santé : Y a-t-il des pratiques de santé que
la personne aimerait poursuivre ? Par exemple, prendre
des vitamines quotidiennes ou recevoir des soins dentaires
spéciaux.
Activités
: La personne désire-t-elle continuer certaines
activités ? Par exemple, les promenades à pied
quotidiennes, le golf, la réalisation d'ouvrages
en tissu matelassé, la musique.
Craintes
: La personne a-t-elle peur de certaines choses
? Par exemple, les chiens, les orages, les bruits forts,
les araignées.
Les
soins donnés : En cas de besoin d'aide additionnelle,
la personne dispose-t-elle des finances nécessaires
pour se procurer cette aide ? Si l'hébergement à la
maison n'est pas possible, dans quel type d'établissement
la personne aimerait-elle aller ? Par exemple, petit,
grand, dans un milieu culturel spécifique.
En
conclusion...
Il
est essentiel de reconnaître les capacités
de la personne atteinte de la maladie d'Alzheimer et
de prendre des décisions qui respectent la personne
et favorisent son indépendance et son estime de
soi. Quand la personne ne peut plus prendre des décisions,
on doit respecter ses valeurs et ses souhaits. Il se
peut que ces besoins et souhaits doivent être étudiés
par rapport aux besoins et souhaits de la famille, des
décisionnaires remplaçants et des professionnels
des soins de la santé. Il n'est pas toujours facile
d'arriver à un équilibre. Des considérations
telles les relations familiales, le nombre et la disponibilité des
aidants, les facteurs d'ordre légal, culturel,
religieux et financiers peuvent influer sur le processus
de prise de décisions.

Documentation
:
- Communiquez
avec votre société Alzheimer
régionale pour de l'information provinciale
spécifique sur :
- les
décisionnaires remplaçants pour les soins
de la santé et les finances;
- les
directives préalables;
- l'évaluation
de la compétence.
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