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Mettre la technologie au service des personnes atteintes d'une maladie cognitive

Alex Mihailidis

Dr Alex Mihailidis, Professeur Agrégé / chaire de recherche Barbara G. Stymiest à l'Université de Toronto / l'Institut de réadaptation de Toronto

Selon M. Alex Mihailidis, ingénieur biomédical, la technologie visant à aider les personnes atteintes d'une maladie cognitive se limite à l'heure actuelle à des applications mobiles pour gérer la prise de médicaments, ou à des dispositifs de localisation GPS pour les personnes sujettes à l'errance.

Mais M. Mihailidis, qui est également professeur en ergothérapie et en science informatique à l'Université de Toronto, rêve de toutes sortes d'appareils informatisés pour aider les personnes atteintes d'une maladie cognitive à vivre de manière aussi autonome que possible.

Financé en partie par le Programme de recherche de la Société Alzheimer, M. Mihailidis dirige une équipe composée d'informaticiens, de gérontologues, de psychologues, de bioingénieurs et d'orthophonistes dans l'espoir de mettre au point toutes sortes d'appareils perfectionnés. La « salle de bain parlante », une de leurs réalisations, détecte la personne qui montre des signes de confusion et lui parle d'une voix douce si elle a oublié le savon ou n'a pas ouvert le robinet. Des détecteurs et des vidéos sont également installés en face du lavabo pour démontrer la bonne façon de se laver les mains.

L'équipe travaille également à la mise au point d'un robot interactif appelé Ed, qui ressemble à un aspirateur vertical couronné d'un visage formé par un écran plat vidéo. Le robot peut suivre la personne dans la cuisine et lui donner des messages vocaux sur la manière de procéder pour exécuter des tâches quotidiennes, comme se préparer une tasse de thé.

Selon les essais préliminaires effectués à l'Institut de réadaptation de Toronto, les personnes atteintes d'une maladie cognitive sont disposées à interagir avec Ed et à suivre ce qu'il dit. Les prochains essais permettront de déterminer dans quelle mesure les services du robot aident les personnes atteintes d'une maladie cognitive à remplir des tâches spécifiques.

« Nous en sommes toujours à l'étape de la recherche. Ces technologies sont complexes, déclare M. Mihailidis. Notre objectif est de travailler avec les utilisateurs afin de valider la pertinence de ces appareils, et les sortir du laboratoire pour en faire usage dans le monde réel. »

Mais avant que cela ne se produise, il faut changer notre façon d'envisager ces nouvelles technologies.

« Il ne faut plus les considérer comme des dispositifs médicaux, mais bien comme des appareils parmi d'autres sur le marché de l'électronique, poursuit-il. Il faut pouvoir les acheter au même endroit où nous retrouvons tous les autres appareils électroniques grand public. »


Mise à jour : 04/19/16
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