Comment fabriquer une molécule médicamenteuse pour l'Alzheimer

Donald Weaver

Dr Donald Weaver, directeur de l'Institut de recherche Toronto Western

Objet recherché : Une petite molécule qui se mélange bien avec l'eau et la graisse. Doit avoir une taille et une forme parfaites pour se lier aux molécules bêta-amyloïdes dans le cerveau et les empêcher de former des agrégats toxiques.

Cette molécule correspond un peu au Saint Graal de la recherche pharmaceutique dans le monde de l'Alzheimer, parce qu'elle possède le potentiel extraordinaire d'empêcher la bêta-amyloïde de s'agréger et de tuer les cellules cérébrales.

Le problème c'est que même si cette molécule existe déjà, les chercheurs ne l'ont pas trouvée; et s'il est possible de la synthétiser, il faut découvrir comment. Mais le Dr Donald Weaver, directeur de l'Institut de recherche Toronto Western, a bon espoir d'y arriver.

« Plusieurs laboratoires dans le monde entier tentent de découvrir des médicaments contre la maladie d'Alzheimer. Un jour ou l'autre, l'un de ces laboratoires réussira », déclare-t-il.

Grâce au soutien du Programme de recherche de la Société Alzheimer, le Dr Weaver dirige un laboratoire spécialisé dans la conception et le développement assistés par ordinateur de médicaments Alzheimer à base de molécules. Le Dr Weaver et son équipe utilisent des ordinateurs pour cartographier la forme et la taille en trois dimensions des récepteurs bêta-amyloïdes. Les récepteurs sont des structures sur la surface d'une molécule qui se lient à d'autres molécules.

En connaissant la forme et la taille des récepteurs, le Dr Weaver sera en mesure de chercher ou de synthétiser les molécules de liaison, ce qui rendra impossible l'agrégation toxique de la bêta-amyloïde.

Mais ces molécules médicamenteuses doivent tout d'abord franchir la barrière protectrice hématoencéphalique. C'est la raison pour laquelle il faut d'abord les mélanger avec de l'eau et une matière grasse. La barrière est difficile à franchir parce que notre sang est à base d'eau et que notre cerveau est à base de graisse. La plupart des molécules sont solubles dans l'une ou dans l'autre.

« Vous devez incorporer cet équilibre délicat, déclare le Dr Weaver. La molécule doit avoir une certaine solubilité dans le sang et dans le cerveau. Elle pourra ensuite franchir la barrière par diffusion passive. »

Son laboratoire procède maintenant à des essais sur trois molécules prometteuses tout en continuant le travail sur plusieurs autres.

« Nous sommes tous en quête de la prochaine génération de composés pour la maladie d'Alzheimer. Nous y parviendrons un jour et j'espère que ce sera l'œuvre de notre laboratoire», conclut le Dr Weaver.


Last Updated: 09/01/2015