Façons de communiquer
La communication constitue un élément essentiel de notre vie; elle nous permet d’exprimer qui nous sommes et d’entretenir des relations avec les autres. Lorsque nous communiquons, nous transmettons des messages ou échangeons des informations dans le but de faire connaître des informations, nos besoins, nos opinions, nos idées, nos croyances, nos sentiments, nos émotions, nos expériences et nos valeurs. Communiquer signifie bien plus que parler et écouter; comprendre et interpréter font aussi partie intégrante de la communication.
L’information se transmet de nombreuses façons :
- verbale : par les mots que nous utilisons et que nous comprenons
- non verbale : par le langage corporel (expression du visage, posture et gestuelle)
- écrite : les mots que nous lisons et que nous écrivons
- para-verbale : l’intonation, le rythme et le volume de notre voix
Comment l’Alzheimer et les maladies apparentées affectent-elles la communication?
Ces maladies créent des difficultés toutes particulières pour les personnes qui en sont atteintes lorsqu’elles veulent s’exprimer et comprendre ce qu’on leur communique.
Les changements suivants sont fréquents chez ces personnes :
- difficulté à trouver des mots,
- création de nouveaux mots pour remplacer ceux qui ont été oubliés,
- répétition d’un même mot ou d’une même phrase (persévération),
- difficulté à organiser les mots pour former des phrases logiques,
- utilisation de jurons ou d’un langage grossier,
- retour à la langue maternelle,
- tendance à parler moins souvent que d’habitude.
Regardez ce webinaire sur les stratégies de communication à utiliser pour communiquer avec quelqu'un atteint de troubles cognitifs, présenté par le Canadian Dementia Resource and Knowledge Exchange (disponible en anglais seulement).
Aphasie
Bien que la situation varie selon les cas, l’Alzheimer et les maladies apparentées ont une incidence profonde sur les capacités linguistiques des personnes qui en sont atteintes, et, par conséquent, sur leur manière de communiquer. Cette dégénérescence du langage porte le nom d’aphasie.
Les personnes qui en sont affectées ont de la difficulté à s’exprimer, à trouver les mots justes, à comprendre ce qu’elles entendent, à lire et à écrire. Au fil de la maladie, la communication peut devenir de plus en plus difficile. En reconnaissant ces changements, on peut aider la personne, sa famille et ses amis à trouver des moyens de communiquer plus efficacement.
Difficultés de communication susceptibles de se produire aux divers stades de la maladie
Les personnes atteintes de l’Alzheimer ou d’une maladie apparentée perdent certaines capacités linguistiques à tous les stades de la maladie : léger, modéré et avancé. Au fil de cette évolution, elles font l’expérience d’une détérioration graduelle de leur capacité de communiquer, de s’exprimer clairement et de comprendre ce que disent les gens. Cependant, il est toujours possible de communiquer d’une façon quelconque, et ce, à tous les stades de la maladie.
Plus tard dans l’évolution de la maladie, les délires pourront survenir, sous forme de paranoïa ou de fausses accusations. Il arrive souvent que les personnes atteintes d’Alzheimer ou d’une maladie apparentée croient que leur nourriture est empoisonnée ou que leurs effets personnels ont été volés. D’autres pourraient croire que quelqu’un les épie ou leur veut du mal, ou encore que leur partenaire vit une aventure amoureuse. N’oubliez surtout pas que ces accusations résultent de la maladie, et qu’elles ne sont ni volontaires ni intentionnelles. Et bien qu’elles puissent être blessantes, essayez de ne pas vous sentir visé personnellement. Il est important de ne pas vous disputer avec la personne ou d’essayer de la convaincre que sa perception n’est pas réelle. Cette perception fait partie de sa réalité à elle; essayez de l’accepter et de la rejoindre là où elle se trouve.
Au stade léger, il se peut que la personne ne trouve pas les mots justes, surtout ceux qui désignent des objets. Elle leur substitue alors un mot incorrect ou ne trouve aucun mot.
À ce stade, la personne peut :
- avoir de la difficulté à comprendre l’humour, les plaisanteries et les paroles prononcées rapidement,
- avoir de la difficulté à suivre des instructions à plusieurs étapes,
- avoir besoin de se concentrer davantage pour suivre les conversations,
- avoir de la difficulté à rester sur un sujet,
- nécessiter plus de temps pour répondre aux questions,
- se sentir de plus en plus frustrée,
- avoir de la difficulté à trouver le mot juste,
- perdre plus souvent le fil de ses pensées.
Au stade modéré, la personne perd de plus en plus ses mots et doit penser plus longtemps avant d’exprimer sa pensée. Elle perd sa spontanéité, son vocabulaire se fait de plus en plus limité, et elle répète parfois le même mot plusieurs fois.
À ce stade, la personne peut :
- avoir de la difficulté à comprendre les conversations du quotidien,
- demander souvent à son interlocuteur de répéter des phrases toutes simples,
- avoir de la difficulté à suivre les longues conversations,
- avoir de la difficulté à comprendre des textes écrits,
- répéter plusieurs fois le même mot ou la même information (persévération),
- être incapable d’interpréter les expressions du visage (comme un clin d’œil ou un signe de la tête),
- avoir de la difficulté à expliquer ou à comprendre des concepts abstraits (comme « je suis déprimée »),
- se mettre à parler moins souvent et perdre le goût de parler,
- perdre la capacité de hausser ou de baisser le ton de la voix,
- avoir de la difficulté à terminer ses phrases,
- s’exprimer avec des phrases vagues ou incohérentes.
Au stade avancé, la personne semble perdre la capacité de s’exprimer par des paroles reconnaissables, mais peut parfois prononcer des mots ou des expressions.
La communication non verbale devient alors de plus en plus importante à ce stade, car la personne risque de :
- ne pas comprendre le sens de la plupart des mots,
- perdre la capacité de s’exprimer avec des mots compréhensibles car, même si elle peut occasionnellement prononcer des mots ou des expressions reconnaissables, son langage reste souvent incompris,
- devenir complètement muette, dans certains cas.
La communication centrée sur la personne
Toute approche centrée sur la personne commence par tenir compte de la personne qui a la maladie d’Alzheimer ou une maladie apparentée, comme un être humain à part entière qui possède ses propres attributs, ses propres valeurs et ses propres antécédents.
Pour réussir, une approche de communication centrée sur la personne doit reposer sur les éléments suivants :
- l’apprentissage des caractéristiques de la maladie, de son évolution et de la manière dont elle affecte les différentes personnes,
- la conviction que la communication est possible,
- la concentration sur les capacités et les habiletés,
- une attitude positive visant à rassurer la personne atteinte de la maladie,
- la capacité de rejoindre la personne là où elle se trouve et d’accepter sa réalité.
La qualité de vie des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer ou d’une maladie apparentée dépend beaucoup de leurs liens avec les gens. Cependant, l’entretien de ces liens peut s’avérer complexe et difficile, surtout après que la communication verbale sera devenue impossible.
Apprenez-en plus sur le langage centré sur la personne.
Mise à jour : 12/13/11