Imprimer

« La maladie d'Alzheimer et la mémoire : un lien paradoxal »

Par Cathy Grand

Cathy Grand

Ma mère Huguette a appris qu'elle avait la maladie d'Alzheimer il y a neuf ans. Elle avait 67 ans. Aujourd'hui, elle ne peut plus s'exprimer clairement, mais elle arrive toujours à communiquer avec moi.

Elle me tient la main et me sourit lorsque les mots ne lui viennent pas. Si j'attends suffisamment, elle pourra me dire une phrase ou deux, et elle ensoleillera ma journée. Lorsqu’elle réussit à s’exprimer clairement, elle me dit habituellement jusqu'à quel point elle est contente de me voir. Même si ça vous rend mal à l’aise, ça signifie beaucoup pour une personne atteinte de troubles cognitifs d’être prêt d’une personne qu’elle aime.

Malheureusement, j’ai noté un lien paradoxal entre la maladie d'Alzheimer et la mémoire. La famille et les amis de la personne atteinte tentent désespérément de conserver le souvenir de la personne alors qu'elle était en santé. Ils disent vouloir se souvenir de la personne telle qu'elle était et ne viennent donc pas la visiter. Mais même si elle vit dans un centre de soins de longue durée, ma mère est encore là. Elle est toujours une personne à part entière et elle conserve toute sa dignité.

Mon expérience avec ma mère m'a aidée à comprendre qu'il est nécessaire de donner la priorité aux soins aux personnes atteintes d'une maladie cognitive au Canada. Récemment, j’ai lancé une pétition en ligne pour inciter le gouvernement fédéral à élaborer un plan national.

Je suis convaincue qu'un tel plan doit tout d'abord commencer par aider le personnel surmené des centres de soins de longue durée, ainsi que financer la recherche.

Nous sommes l'un des seuls pays occidentaux à ne pas avoir de stratégie nationale sur les maladies cognitives. Il existe de nombreuses autres priorités dans le monde, mais celle-ci est très urgente. Il s'agit d'un problème colossal et nous ne sommes pas préparés. Nous avons besoin de prendre soin de nos personnes âgées maintenant, parce que bientôt ce sera notre tour!


Vous pouvez aider à inscrire une stratégie nationale sur les maladies cognitives au rang de priorité nationale

Écrivez une lettre à votre député expliquant pourquoi une telle stratégie est importante pour vous. Téléchargez un exemple de lettre et passez à l'action ►

Retour au début