Optimiser le potentiel de la stimulation cérébrale profonde

Eva Vico Varela

Eva Vico Varela, étudiante au doctorat en neuroscience à l'Université McGill

Depuis plus d'une vingtaine d'années, la stimulation électrique cérébrale profonde aide à contrôler le tremblement chez les personnes atteintes de la maladie de Parkinson. Les chercheurs croient maintenant que la stimulation électrique pourrait également améliorer les circuits de la mémoire des personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer.

Toutefois, il y a un problème. Les médecins connaissent la fréquence, l'intervalle et la durée nécessaires de la stimulation électrique pour contrôler le plus efficacement le tremblement, mais non comment il faut l'utiliser pour avoir un effet sur la mémoire.

Mme Eva Vico Varela, étudiante au doctorat en neuroscience à l'Université McGill, veut le découvrir.

Financée en partie par le Programme de recherche de la Société Alzheimer, Mme Vico Varela étudiera, au cours de l'année prochaine, la stimulation cérébrale profonde chez des souris génétiquement modifiées comme modèle de maladie d'Alzheimer. Elle étudiera leur cerveau par balayage numérique en faisant simultanément divers essais de stimulation électrique à plusieurs fréquences, intervalles et durées.

« Je veux voir si des modifications dans la fréquence et la force des ondes cérébrales sont associées au recouvrement ou à la consolidation de la mémoire chez les souris », explique-t-elle.

Mme Vico Varela fera également passer une série de tests de mémoire aux souris avant et après la stimulation cérébrale en profondeur.

Elle appliquera les impulsions au fornix, qui est une structure en forme de C enfouie profondément dans le cerveau. Le fornix se compose d'axones, lesquels sont de longues fibres qui se déploient à partir des cellules cérébrales et portent les messages sortants.

Le fornix sert de lien principal entre l'hippocampe et le reste du cerveau. Il s'agit d'un lien crucial puisque l'hippocampe joue un rôle important de consolidation de la mémoire à court et à long terme et de la mémoire spatiale.

Une étude antérieure sur des rats en santé traités avec des impulsions électriques a permis de démontrer une amélioration de leur mémoire. Les travaux de Mme Vico Varela permettront de démontrer s'il est possible d'obtenir les mêmes résultats avec des souris atteintes de la maladie d'Alzheimer et, le cas échéant, comment exactement ces impulsions devraient être appliquées.

La stimulation cérébrale profonde des personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer en est toujours au stade clinique, mais les résultats obtenus par Mme Vico Varela pourraient aider les chercheurs à régler plus précisément la méthode d'application des impulsions.

« Ce traitement n'apportera pas de remède curatif. Il ne permettra peut-être pas non plus d'améliorer la mémoire. Mais il pourrait contribuer à ralentir le déclin et à améliorer la qualité de vie des personnes atteintes d'une maladie cognitive », conclut-elle.


Last Updated: 10/13/2015