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Le comportement sexuel

L’Alzheimer et les maladies apparentées ne font pas disparaître le besoin d’amour et d’affection de la personne atteinte. Son intérêt pour le sexe, par contre, pourrait augmenter ou diminuer. D’un autre côté, la personne n’est peut-être plus en mesure de comprendre en quoi consiste un comportement acceptable en public. Par exemple, si elle semble se frotter les parties génitales, c’est qu’elle a peut-être envie d’aller aux toilettes, ou que ses vêtements sont trop serrés. Une infection urinaire ou génitale pourrait également être en cause.

Si la personne essaie de se déshabiller au mauvais moment, c’est qu’elle a peut-être une bonne raison de le faire, elle a chaud, elle pense à tort qu’il est l’heure d’aller au lit, ou ses vêtements ne sont pas confortables.

L’Alzheimer et les maladies apparentées brouillent notre vision du monde. La personne atteinte a peut-être oublié qu’un comportement pouvant revêtir une possible connotation sexuelle n’est pas acceptable en public.

Conseils pour gérer les changements dans le comportement sexuel

Voici quelques suggestions pour répondre à un comportement qui se présente au mauvais moment ou d’une manière inappropriée :

  • Restez calme. Ne montez pas la situation en épingle. La personne ne comprend probablement pas la cause de l’agitation autour d’elle. Souvenez-vous qu’en raison des conséquences de la maladie sur son cerveau, elle a moins la maîtrise de ses envies et de ses besoins.
  • Si la situation le permet, n’accordez pas d’attention au comportement.
  • Essayez de détourner son attention en lui donnant une activité. Elle se masturbe peut-être pour se distraire, parce qu’elle s’ennuie ou n’a rien à faire.
  • Si la sexualité devient son centre d’intérêt (à cause des altérations subies par son cerveau), redirigez son énergie sexuelle vers une autre activité, comme aller marcher. Si votre conjoint vous fait constamment des avances, même après une relation sexuelle, dites-lui que vous venez tout juste de passer un merveilleux moment avec lui et proposez-lui d’aller dans un endroit plus animé, peu propice aux relations intimes, un lieu public par exemple.
  • Essayez de lui trouver un endroit isolé si vous êtes dans un lieu public.
  • Laissez la personne seule si vous pouvez le faire. Prenez une pause et revenez plus tard.
  • Si le comportement de la personne rend les autres mal à l’aise, donnez-lui quelque chose à manipuler ou à tenir dans ses mains. Elle s’ennuie peut-être ou a simplement le goût de toucher à des choses.
  • Réconfortez la personne. Elle est peut-être angoissée, ou elle a peur, et cherche un peu de confort et de sécurité à travers la sexualité.
  • Touchez la personne ou serrez-la doucement dans vos bras d’une manière clairement dépourvue de toute connotation sexuelle. Notons que le caractère sexuel que nous croyons percevoir dans son comportement n’est peut-être en fait qu’une simple tentative de sa part de communiquer avec nous, ou de nous faire part de son affection à notre endroit.
  • À l’heure du lit, donnez-lui un oreiller de corps qu’elle pourra serrer dans ses bras (si la personne va dans le lit des autres pendant la nuit). Un animal en peluche ou une bouteille d’eau chaude enveloppée dans une serviette pourrait lui donner du confort et satisfaire son besoin de sentir un corps chaud à ses côtés. Un animal de compagnie au pied du lit pourrait également satisfaire son besoin d’avoir quelqu’un près d’elle.
  • Adaptez l’environnement à la situation. Il est souvent plus facile de changer quelque chose dans l’environnement que de changer le comportement de la personne atteinte de l’Alzheimer ou d’une maladie apparentée. Par exemple :
    • Si la personne expose ses parties génitales, vous pourriez lui faire porter des pantalons sans fermeture éclair, des pantalons avec des bretelles ou une salopette.
    • Un tablier muni de poches remplies d’objets intéressants à manipuler détournera peut-être son attention de ses propres organes génitaux, ou lui permettra tout au moins de se toucher plus discrètement.
    • La présence d’un oreiller sur ses genoux pourrait faire obstacle entre ses mains et ses parties génitales.
    • Un support athlétique pourrait également avoir le résultat souhaité pour un homme.
  • Ne prenez pas la chose trop à cœur. Vous n’êtes pas responsable du comportement d’une personne atteinte de l’Alzheimer ou d’une maladie apparentée. Le comportement trouve son origine dans la maladie et n’a rien à voir avec vous.
  • Consultez votre médecin. Les effets secondaires de certains médicaments peuvent émousser l’appétit sexuel ou causer l’impotence (l’incapacité d’avoir une érection). Si votre partenaire atteint de l’Alzheimer ou d’une maladie apparentée devient agressif dans sa relation sexuelle avec vous, et si les interventions non médicales sont inefficaces, votre médecin pourrait peut-être prescrire des médicaments permettant de diminuer sa libido (son désir sexuel).
  • Surveillez les signes de dépression. Les personnes souffrant de dépression perdent souvent leur intérêt pour l’intimité sexuelle.

Mise à jour : 10/13/15
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