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Quotidien

Les toilettes et l’incontinence

La maladie d’Alzheimer et les maladies apparentées affectent tous les aspects de la vie quotidienne et peuvent également entraîner une perte de contrôle de la vessie et des intestins. Des épisodes d’incontinence fécale ou urinaire peuvent survenir. Quand notre vessie ou nos intestins doivent être vidés, notre cerveau nous envoie des messages, mais ces messages ne sont pas toujours reçus, ou nous n’avons plus la capacité de reconnaître les sensations.

Pour plusieurs, l’incontinence est vécue comme une cruelle humiliation. Perdre la maîtrise de cette fonction corporelle, apprise à un très jeune âge, peut blesser profondément l’amour-propre. Il est donc difficile d’accepter de l’aide dans un domaine si intime de la vie d’une personne, particulièrement de la part d’un être cher.

Pourquoi une personne devient incontinente?

Commencez par examiner les raisons possibles de l’accident. En précisant la cause du problème, vous trouverez plus facilement la solution et des stratégies de prévention. Toutefois, les raisons peuvent varier d’un accident à l’autre. Si vous prenez bonne note de ce qui se produit juste avant ou au moment de l’accident, des constances se préciseront peut-être peu à peu. N’oubliez pas qu’en raison de l’évolution de la maladie, les accidents sont toujours possibles, quelques soient les stratégies utilisées.

Tenez compte de la personne

  • A-t-elle un problème de santé qui peut être traité, infection de la vessie, constipation, tonicité amoindrie de la vessie, affaiblissement du contrôle musculaire, capacité réduite de la vessie ou, pour les hommes, problèmes de la prostate?
  • Boit-elle une grande quantité de café, de thé ou de boissons gazeuses, ou prend-elle des médicaments qui pourraient contribuer au besoin fréquent d’aller aux toilettes et, par conséquent, d’augmenter les risques d’accidents?
  • Y a-t-il perte d’urine quand la personne éternue, tousse ou rit?

Tenez compte de la maladie

  • La personne est-elle en mesure de communiquer son besoin d’aller aux toilettes?
  • Comprend-elle les messages que son corps lui transmet?
  • Est-elle en mesure de trouver la salle de bain, de reconnaître la toilette et de ne pas la confondre avec un autre objet? Sa confusion augmente-t-elle la nuit, ce qui pourrait nécessiter une adaptation des lieux à ses besoins, une veilleuse par exemple?
  • Est-elle capable de se déshabiller à temps?
  • La tâche est-elle trop compliquée? Peut-elle franchir toutes les étapes nécessaires, trouver la toilette, baisser son pantalon, etc.?
  • Les toilettes sont-elles trop loin?
  • La personne a-t-elle de la difficulté à se lever du lit ou d’un fauteuil profond?
  • A-t-elle son intimité dans la salle de bain?
  • Les salles de bains et les couloirs sont-ils bien éclairés?

Comment la personne ressent-elle son incontinence

Certaines personnes peuvent être très gênées et bouleversées par ce problème, d’autres non. Dans les stades avancés de la maladie, certaines essaieront de camoufler les dégâts, en cachant les vêtements mouillés et souillés, ou en essayant de jeter les excréments. Si le problème persiste, consultez le médecin. Il existe un danger d’infection.

Que faire ?

Si vous trouvez la cause des accidents, vous aurez plus de facilité à trouver une manière de procéder pour vous aider à régler le problème. Si, malgré tous vos efforts, vous n’arrivez pas à trouver la cause précise, essayez les stratégies suivantes :

À la maison

  • Faites en sorte que les toilettes soient faciles à trouver. Identifiez clairement le trajet à suivre sur les murs et les planchers. Assurez-vous qu’il n’y ait aucun obstacle. Collez une image sur la porte, une description, ou les deux.
  • Installez un siège de toilette de couleur contrastée. Si la personne a des troubles de la vue ou de la perception, du ruban adhésif de couleur autour du périmètre de la cuvette ou de l’eau colorée aideront peut-être à prévenir les dégâts.
  • Laissez un vase de nuit ou une chaise percée près du lit.
  • Mettez des couvercles sur les corbeilles à papier ou tout autre contenant que la personne pourrait confondre avec une toilette.
  • Les miroirs de la salle de bain lui donnent peut-être l’impression que quelqu’un d’autre est là.
  • Enlevez tous les obstacles, plantes, corbeilles à papier, qui pourrait nuire quand elle va aux toilettes.
  • Laissez la porte de la salle de bain ouverte lorsqu’elle est libre.

Ce que vous pouvez faire à titre d’aidant

  • Soyez attentif aux indices visuels qui vous disent que la personne a besoin d’aller aux toilettes. Par exemple, elle semble agitée, les expressions de son visage son inhabituelles, elle fait les cent pas dans la pièce.
  • Donnez-lui des directives simples.
  • Dites-lui souvent d’aller aux toilettes, par exemple toutes les deux heures, le matin en se levant et le soir au coucher, et avant de sortir.
  • Choisissez des vêtements faciles à enlever, munis par exemple de fermetures en Velcro ou de ceintures élastiques.
  • Amenez la personne près de la toilette avant de l’aider à se déshabiller.
  • Pour les hommes, mettez un autocollant au fond de la cuvette en guise de « cible ».
  • Donnez-lui le signal qu’il est temps de commencer, en faisant couler l’eau du robinet par exemple, ou en lui disant quelque chose. Essayez de vous assurer que sa vessie soit entièrement vide.
  • Laissez la personne seule si elle le préfère, mais dites-lui que vous n’êtes pas très loin si elle a besoin de quelque chose.
  • Si la personne a de la difficulté à rester assise, donnez-lui quelque chose à regarder ou à tenir dans ses mains.
  • Si le problème d’incontinence se manifeste la nuit, assurez-vous qu’elle ne boive pas juste avant d’aller se coucher. Cependant, ne l’empêchez pas de boire durant la journée.
  • Assurez-vous qu’elle aille aux toilettes avant de se coucher.

Pour des raisons de sécurité

  • Assurez-vous d’un bon éclairage.
  • Pour l’aider à s’asseoir et à se relever, installez des barres de soutien près de la toilette et un siège de toilette surélevé.

Si les accidents persistent

Les idées présentées ci-dessus pourraient vous aider à garder la personne propre et au sec si vous avez établi qu’elle n’a pas d’autres problèmes de santé, ou que ses médicaments ne sont pas à l’origine de ses problèmes d’incontinence. Si les accidents persistent, des sous-vêtements jetables, des serviettes d’incontinence, des protège-dessous et des draps protecteurs pourraient être utiles à certaines occasions, ou dans des situations précises. Utilisez-les seulement au besoin. Même si la personne porte une protection, accompagnez-la régulièrement aux toilettes.

Hygiène

L’incontinence peut occasionner des irritations de la peau et être très désagréable. Si la personne se mouille ou se souille, aidez-la à se débarrasser de ses vêtements immédiatement. Lavez la personne avec un savon doux et de l’eau chaude. Séchez-la et donnez-lui des vêtements propres.

Le quotidien

En cas d’accident, il est important de ne pas se fâcher ou d’attirer l’attention sur l’événement. Cela ne ferait que la gêner ou la bouleverser davantage. Bien sûr, il n’est pas agréable de nettoyer les dégâts d’un parent ou d’un conjoint, mais rappelez-vous que la maladie est la cause de ces accidents. Ce n’est pas la faute de votre proche. Il est sans doute aussi affligé que vous. Sauvez sa dignité avec des paroles d’encouragement. Restez calme. Rappelez-vous que vous faites de votre mieux.

En complément

Tous les jours, nous apprenons du nouveau sur la maladie d’Alzheimer et les maladies apparentées, souvent de la part d’aidantes ou d’aidants comme vous qui ont trouvé la solution à certains problèmes et la partagent avec les autres. Vous pouvez appeler votre Société Alzheimer locale pour connaître les ressources dans votre collectivité. L’information existe. L’aide existe. Vous n’êtes pas seul.


Mise à jour : 10/13/15
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