Les priorités

À l'heure actuelle, 747 000 Canadiens sont atteints de troubles cognitifs, ainsi que la maladie d’Alzheimer et les maladies apparentées. Ce chiffre doublera d’ici à 2031.1

La maladie d’Alzheimer et les maladies apparentées ont un impact écrasant sur les personnes atteintes de ces maladies et sur les personnes qui s’en occupent.

Nous demandons au gouvernement fédéral et provincial de dresser un plan en réponse à la crise que représentent la maladie d’Alzheimer et les maladies apparentées.

Parce que la maladie d’Alzheimer, ça nous concerne tous!

En 2009, le Rapport Bergman « Relever le défi de la maladie d’Alzheimer et des maladies apparentées : une vision centrée sur la personne, l’humanisme et l’excellence » rédigé par un comité d’experts, mettait en place les fondements pour la mise en place d’un plan d’action pour la maladie d’Alzheimer. Le rapport se compose de 7 actions prioritaires, assorties de 24 recommandations, ainsi qu’une stratégie de mise en œuvre du plan d’action ministériel.

En 2010, la Société Alzheimer a publié Raz-de-marée : Impact de la maladie d’Alzheimer et des affections connexes au Canada. L’étude Raz-de-marée sensibilisait la société canadienne et les politiciens des niveaux fédéral, provincial et territorial au besoin urgent de mettre en place des politiques et des approches visant à contrer la vague de ces maladies.

En conclusion, le rapport proposait au gouvernement cinq recommandations élaborées au terme de consultations exhaustives auprès d’intervenants et d’experts en la matière. Le message que nous devons retenir est qu’il faut agir sans plus attendre, car il est possible de changer le cours des choses.

Les cinq recommandations sont les suivantes :

1. Accélérer les investissements dans tous les secteurs de la recherche sur la maladie d’Alzheimer et les maladies apparentées

Une stratégie nationale sur ces maladies doit inclure une augmentation des investissements réalisés dans tous les domaines de la recherche sur ces maladies. La majeure partie de nos connaissances sur les soins et le traitement de ces maladies provient d’études récentes. Nous pouvons maintenir le rôle de premier plan joué par le Canada en matière de recherche sur ces maladies :

  • en tirant parti des compétences canadiennes;
  • en encourageant et en soutenant les partenariats internationaux;
  • en poursuivant des études sur la prévention afin de pouvoir reconnaître les individus à risque et de prendre des mesures de prévention;
  • en poursuivant des études sur l’amélioration de la qualité de vie des personnes atteintes de ces maladies et de leurs aidants naturels, à tous les stades de la maladie et à tous les niveaux de soins.

En réponse à l’épidémie imminente de la maladie d’Alzheimer et des maladies apparentées, nous devons, au minimum, tripler les dépenses en recherche sur ces maladies.

2. Soutenir les aidants naturels

Nous devons reconnaître clairement le rôle important joué par les aidants naturels. Nos gouvernements doivent démontrer que nous apprécions le travail des aidants en faisant en sorte qu’il soit plus facile de continuer à donner des soins. Cela peut être réalisé grâce à :

  • l’information et la formation des aidants
  • des soins de répit significatifs
  • d’autres programmes qui peuvent soutenir les aidants, y compris leur donner un soutien financier.

Nous devons fournir un soutien significatif aux aidants.

3. Reconnaître davantage l’importance de la prévention et des interventions précoces

Une stratégie nationale sur la maladie d’Alzheimer et les maladies apparentées doit également se concentrer sur :

  • le maintien de la santé du cerveau;
  • la prévention de ces maladies;
  • le retard de l’apparition de ces maladies;
  • l’intervention précoce.

Nous devons reconnaître l’importance de la prévention et des interventions précoces.

4. Créer un système de soins de santé intégré

Comme concept majeur en politique de la santé particulièrement bien adapté à l’épidémie imminente de la maladie d’Alzheimer et des maladies apparentées, la stratégie nationale du Canada sur ces maladies doit établir en priorité des modèles intégrés de soins dans tous les territoires. Ce n’est qu’à ce moment qu’on pourra réaliser de véritables améliorations des soins pour les Canadiens qui ont besoin d’une gamme complexe de services médicaux, communautaires et sociaux spécialisés, ce qui inclut les personnes atteintes de ces maladies.

Nous devons favoriser une plus grande intégration des soins et une utilisation accrue des « pratiques exemplaires » en matière de prévention et de prise en charge des maladies chroniques, de soutien communautaire et de coordination des soins dans la communauté.

5. Renforcer le personnel spécialisé au Canada

Nous devons renforcer le personnel spécialisé au Canada :

  • en augmentant la disponibilité des gériatres, des neurologues, des psychiatres et des infirmières en pratique avancée qui ont des connaissances spécialisées sur la maladie d’Alzheimer et les maladies apparentées;
  • en améliorant les capacités de diagnostic et de traitement de tous les professionnels de première ligne;
  • en utilisant à bon escient les ressources générales et spécialisées grâce à la collaboration entre les professions;
  • en soutenant l’autogestion des patients et la participation des aidants à la coordination des soins;
  • en tirant parti des capacités du secteur bénévole grâce aux investissements et à la formation.
    Nous devons veiller à ce que le nombre croissant de personnes atteintes de ces maladies aille en parallèle avec un nombre approprié de spécialistes de ces maladies et de généralistes bien formés travaillant en collaboration. Ces ressources limitées doivent être complétées par un secteur bénévole bien pourvu en ressources, ayant pour priorité un programme de soutien disponible à l’échelle nationale.

Notes en bas de page

  1. Une nouvelle façon de voir l’impact de la maladie d’Alzheimer et des maladies apparentées au Canada. Société Alzheimer du Canada, 2012

Last Updated: 12/06/2013