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La conduite d’un véhicule et le transport

La conduite d’un véhicule est une activité complexe qui fait appel à plusieurs aptitudes et compétences, dont les suivantes :

  • Des réactions rapides
  • La capacité de concentrer son attention sur plusieurs points à la fois (comme le feu rouge, les piétons, le frein)
  • Un bon jugement
  • Comprendre et se souvenir du code de la route
  • Parvenir à destination
  • Une acuité auditive et visuelle adéquate.

La conduite est également synonyme de liberté, d’indépendance et de mobilité. Même s’il s’agit d’un privilège, plusieurs la considère comme un droit.

L’Alzheimer et les maladies apparentées entraînent des modifications dans la capacité de conduire en toute sécurité un véhicule motorisé. Cependant, le diagnostic ne signifie pas automatiquement que la personne n’est plus capable de conduire. Plusieurs continuent de le faire sans danger pendant quelque temps après le diagnostic. Tout dépend du stade d’évolution de la maladie au moment du diagnostic et de la rapidité de sa progression. Cependant, tôt ou tard, il faudra cesser de conduire pour des raisons de sécurité.

A)  Lorsque la personne atteinte de l’Alzheimer conduit toujours

Pour les personnes qui conduisent depuis plusieurs années, la conduite semble presque une seconde nature. Mais il s’agit d’une tâche complexe qui exige des réactions rapides, de la dextérité et la capacité de raisonner.

Si vous pensez que la personne atteinte a de la difficulté à conduire, les signes suivants pourraient le confirmer :

  • Infractions aux règlements de la circulation
  • Accidents
  • Ne retrouve plus son chemin
  • Mauvaise évaluation des distances
  • Ne se rappelle plus du code de la route
  • Temps de réponse ralenti
  • Incapacité de parvenir à destination dans un délai normal.

Recevoir un diagnostic de maladie d’Alzheimer ne se traduit pas automatiquement par un refus d’assurance automobile. En revanche, si vous avez reçu un diagnostic, parlez à votre médecin de l’évolution de la maladie et de ses implications sur vos aptitudes à conduire. Vous pouvez également contacter votre compagnie d’assurance automobile pour leur faire part des informations communiquées par votre médecin. Votre assureur pourra ainsi déterminer la meilleure couverture dans votre cas spécifique. L’omission de divulguer un diagnostic pourrait affecter votre police d’assurance.

Ce que vous pouvez faire :

  1. Préparez-vous
  2. Prenez rendez-vous pour un examen de conduite
  3. Suivez de près ses habitudes au volant
  4. Renforcez la sécurité

Préparez-vous

Préparez-vous au jour où la personne devra cesser de conduire. Demandez-lui à quel moment de la journée elle a le plus besoin de sa voiture et pourquoi. Pour ses rendez-vous chez le médecin, son magasinage, ses loisirs ou pour voir ses amis? Ou peut-être s’agit-il d’une forme d’évasion ou de relaxation?

Une fois ses besoins précisés, suggérez-lui d’autres moyens d’y répondre. Par exemple :

  • Le transport en commun
  • Le transport offert par les organismes communautaires
  • Le covoiturage avec la famille ou les amis

Prenez rendez-vous pour un examen de conduite

Renseignez-vous au sujet des examens spéciaux qui existent pour évaluer les conducteurs atteints de l’Alzheimer ou d’une maladie apparentée. Il pourrait s’agir d’un examen de simulation de conduite, ou encore d’un examen sur la route donné par un examinateur d’expérience dans l’évaluation des conducteurs atteints de troubles cognitifs.

Si ce type d’examen n’est pas offert, demandez l’avis du médecin. Pour déterminer si la personne est encore en mesure de conduire, et pour combien de temps, le médecin abordera les points suivants avec son patient et sa famille :

  • les habitudes de conduite (le moment où la personne conduit et le lieu où elle se rend)
  • les différences observées dans ses capacités de conducteur
  • des exemples de conduite dangereuse ou anormale
  • des contraventions (pour aller trop lentement, trop vite, faire des virages interdits, ne pas respecter les arrêts)
  • des collisions, petits accrochages ou accidents évités de justesse
  • des exemples où le conducteur a perdu son chemin
  • dans quelle mesure la personne elle-même se sent à l’aise et en sécurité au volant, et dans quelle mesure la famille est du même avis.

Suivre de près les habitudes au volant

Tout au long de la maladie, la famille, le médecin ou les autres professionnels de la santé doivent suivre de près les capacités de la personne à conduire. Tôt ou tard, il lui faudra abandonner le volant.

Si vous êtes la personne atteinte de la maladie d’Alzheimer, nous vous suggérons :

  • de demander à une personne que vous connaissez si elle a remarqué des changements dans votre façon de conduire..
  • de passer un examen de conduite.
  • de demander à un membre de votre famille ou à l’un de vos amis de vous conduire à l’endroit où vous voulez aller, ou d’utiliser le transport en commun ou un taxi.

Renforcer la sécurité

Pour aider à minimiser les risques, voici quelques conseils de sécurité à l’intention d’un conducteur atteint de la maladie d’Alzheimer :

  • N’allez pas trop loin et restez dans des endroits connus.
  • Ne prenez pas le volant aux heures de pointe.
  • Ne conduisez pas après avoir pris des médicaments qui pourraient réduire la capacité de penser clairement et de bien voir.

B) Quand arrêter de conduire? Aborder la question

Parfois, la personne atteinte de la maladie d’Alzheimer se sent soulagée de ne plus avoir à conduire parce qu’elle avait perdu sa confiance au volant, avait peur d’un accident, ou ne savait plus trop comment se rendre à un endroit ou à un autre. Malgré cette prise de conscience, la personne a besoin de soutien et d’une attitude obligeante parce que cesser de conduire représente souvent une perte d’indépendance.

La famille et les soignants : Lorsque la personne est incapable de reconnaître ou d’admettre que ses capacités de conducteur déclinent, la famille et les soignants doivent intervenir en raison des dangers pour la personne et pour le public, et des risques de responsabilité en cas d’accident. Le moment où la personne devra cesser de conduire ne fera pas l’unanimité parmi tous les membres de la famille. Certains penseront qu’un tel diagnostic signifie qu’il faut immédiatement abandonner le volant. D’autres seront tentés de sous-estimer les risques au profit du sentiment d’indépendance de la personne, ou ne voudront pas attirer l’attention sur le déclin de ses capacités, de peur de nuire à la relation familiale.

Le jour où la personne devra renoncer à conduire, elle aura peut-être perdu sa capacité d’en comprendre les raisons. En discutant de la question ouvertement, dans un environnement de confiance mutuelle, la personne sera peut-être mieux en mesure d’en faire son deuil.

The Dementia and Driving Resource Center, créé par l’Alzheimer’s Association, offre des conseils sur la manière d’aborder la question de la conduite automobile avec une personne atteinte de l’Alzheimer ou d’une maladie apparentée. Le site examine, à l’aide de quatre vidéos, les réactions à prévoir et les difficultés à surmonter lorsqu’on se retrouve dans une telle situation.

Le site Not If But When (en anglais seulement) donne de l’information aux aidants et professionnels des soins de la santé sur la manière de procéder pour aborder la question de la conduite automobile avec une personne atteinte de l’Alzheimer ou d’une maladie apparentée, et pour l’aider à renoncer au volant. Apprenez-en davantage sur les réactions possibles de la personne, les stratégies à utiliser et les mesures à prendre pour l’aider à accomplir cette démarche difficile.

Médecins : Les gens font souvent appel aux médecins pour déterminer si la personne atteinte devrait cesser de conduire. Cependant, les médecins ne disposent pas toujours de toute l’information pour être en mesure d’évaluer la situation. Ils voient leurs patients pendant une période de temps limitée, au cours des visites, et non au volant de leur voiture. De plus, ils n’ont peut-être pas la formation nécessaire pour évaluer les capacités de la personne à conduire. Ils se fient à l’information fournie par le patient et la famille, et cette information n’est pas toujours objective ou fiable. Par ailleurs, les médecins peuvent craindre de nuire à la relation médecin/patient s’ils disent à une personne qu’elle doit renoncer à son automobile.

Les médecins sont tenus par leur code de déontologie et, dans certaines provinces, par la loi, de signaler les troubles médicaux qui pourraient nuire à la conduite d’un véhicule. S’ils ne signalent pas ce problème aux autorités provinciales de l’émission des permis et si la personne atteinte de la maladie d’Alzheimer était impliquée dans un accident d’auto, ils pourraient être tenus responsables.

Si vous êtes la personne atteinte de la maladie d’Alzheimer :

Cesser de conduire sera peut-être la décision la plus douloureuse de votre vie. Toutefois, il en va de votre propre sécurité et de celle des autres. Reconnaître et admettre ne plus être en mesure de conduire est difficile pour certaines personnes, mais d’autres abandonnent facilement leur permis.

C) Renoncer à la conduite

Il faut cesser immédiatement de conduire si la sécurité est compromise. Signes inquiétants à surveiller :

  • temps de réponse ralenti
  • infractions au code de la route
  • collisions
  • temps excessif pour se rendre à destination
  • n’arrive pas à destination

La manière de réagir face à l’interdiction de conduire diffère selon les personnes. Certaines acceptent immédiatement, d’autres s’y opposent vigoureusement. La personne acceptera peut-être plus facilement si quelqu’un d’autre qu’un membre de sa famille lui explique clairement les raisons pour lesquelles elle ne peut plus conduire.

Il faut reconnaître qu’il s’agit d’une décision qui n’est pas facile à prendre. Offrez immédiatement des solutions de rechange. Vous pouvez par exemple regarder ensemble l’horaire des autobus, ou consulter les sites web qui offrent des services ou des produits en ligne, tels les services bancaires électroniques. Soulignez les avantages de ne plus avoir de voiture :

  • Économie d’argent sur le stationnement et l’essence
  • Moins inquiétant et stressant de se rappeler comment se rendre à tel ou tel endroit
  • Permet de faire plus d’exercice quand il est possible de marcher au lieu de prendre la voiture

Si la personne refuse

Certaines personnes refusent de perdre leur privilège de conducteur. D’autres oublient tout simplement qu’elles ne sont plus en mesure de conduire. Dans ce cas, la famille doit demander à un médecin ou à un autre professionnel de la santé de les aider à soulever la question. Cependant, il ne faudrait pas que la personne se fâche contre son médecin et qu’elle ne se présente plus à ses prochains rendez-vous, ce qui nuirait à ses traitements.

Si, malgré une discussion franche, la personne ne reconnaît pas la nécessité de ne plus conduire, vous serez obligé d’utiliser d’autres moyens pour l’empêcher de le faire, comme par exemple de cacher les clefs de sa voiture.

Autres solutions plus radicales :

  • demander à un agent de police d’intervenir, par exemple en émettant une contravention
  • demander au médecin de recommander formellement de ne pas conduire
  • enlever la batterie de l’auto
  • déplacer l’auto hors de sa vue

Certaines personnes comprennent quand on leur rappelle qu’elles pourraient se blesser gravement et même se faire tuer en cas d’accident, ou blesser et tuer d’autres personnes.

Pour les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer et leur famille, il est parfois très stressant de décider du moment où la conduite devient dangereuse. C’est pourquoi il est utile de parler à des professionnels de la santé ou à d’autres familles aux prises avec des problèmes similaires.

D) S’adapter à la nouvelle situation

Ne plus avoir la liberté d’aller à sa guise où bon lui semble peut avoir des effets dévastateurs sur la personne atteinte de la maladie d’Alzheimer. Elle était peut-être la seule personne de la maison à avoir son permis et les moyens de transport sont parfois très limités dans certaines collectivités.

La personne atteinte de la maladie d’Alzheimer devrait être en mesure de mener une vie aussi libre et épanouissante que possible. Tout au long de l’évolution de la maladie, il faut assurer le suivi des compétences et aptitudes de la personne à conduire son automobile, sans jamais exagérer ses difficultés pour lui faire perdre ses privilèges avant que cela ne soit nécessaire. Une vie entièrement sans danger est illusoire, mais il faut également reconnaître que les personnes qui conduisent sans en avoir la capacité représentent un risque inacceptable pour elles-mêmes et pour toute la collectivité.

Communiquez avec votre Société Alzheimer locale pour obtenir de l’information sur les règlements provinciaux en ce qui a trait au signalement d’une personne qui n’est plus en mesure de conduire selon vous. Votre Société Alzheimer locale pourra également vous renseigner sur les examens de conduite menés dans votre province ou territoire.


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Mise à jour : 11/16/14
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