La violence à l’égard des aînés

Les personnes atteintes de l’Alzheimer ou d’une maladie apparentée sont vulnérables aux mauvais traitements à la maison ou dans un établissement. Des étrangers pourraient également profiter de leur déficience cognitive pour les exploiter. Souvent, les cas de mauvais traitement pourraient être évités grâce à un soutien adéquat, à la formation, à la supervision et à la protection de la loi.

Selon la recherche, la maltraitance touche entre 4% à 10% des personnes âgées au Canada1. Seulement un cas sur cinq est signalé à quelqu’un en mesure d’aider.

La maltraitance touche entre 5,4% (Pavez et al. (1992)) et 11,9% (Coyne et al. (1993)) des personnes âgées atteintes de l’Alzheimer ou d’une maladie apparentée.

Les personnes atteintes de l’Alzheimer ou d’une maladie apparentée risquent encore plus d’être victimes de diverses formes de violence (verbale, physique, financière et psychologique, ou encore de négligence) en raison de leur déficience cognitive, de la perte de leur capacité, des difficultés de communication et de leur dépendance accrue envers leurs aidants.

L’aidant peut également être victime de maltraitance de la part de la personne atteinte de l’Alzheimer ou d’une maladie apparentée en raison de longues habitudes de vie ou des conséquences de la maladie.

Réagir face à une situation de maltraitance

Dans les établissements et les agences

Les établissements et les agences doivent disposer d’un protocole en matière de mauvais traitements. Si vous soupçonnez un cas de maltraitance, prenez immédiatement les mesures nécessaires.

Mauvais traitements infligés par les aidants

Au fil de la progression de la maladie, le rôle d’aidant devient de plus en plus pénible et stressant.
Facteurs de risques de maltraitance par les aidants

  • Manque de connaissances sur l’Alzheimer et les maladies apparentées. Les comportements perturbés, fréquents chez les personnes atteintes de l’Alzheimer ou d’une maladie apparentée, sont particulièrement mal compris et causent un sentiment d’accablement, de douleur et de grande détresse chez l’aidant3.
  • L’incapacité de faire face aux niveaux élevés de stress. Le niveau de stress des aidants d’une personne atteinte de l’Alzheimer ou d’une maladie apparentée est cinq fois plus élevé que pour les aidants d’une personne atteinte d’un autre type de maladie.
  • Ne pas disposer de stratégies de rechange pour affronter les difficultés propres à ces maladies (par exemple les changements de comportement).
  • La dépression, un problème fréquent chez les aidants.
  • Le manque de services appropriés de conseil et de soutien.
  • La perception de l’aidant sur son travail, à savoir que de s’occuper d’une personne âgée est pénible et n’offre aucune récompense psychologique.

Mauvais traitements infligés par la personne atteinte de l’Alzheimer ou d’une maladie apparentée

Les facteurs de risque de maltraitance envers l’aidant :

  • L’intensité de la maladie ou le stade atteint
  • Les modifications de l’humeur ou du comportement associées avec la maladie. Même les personnes qui n’ont jamais été agressives peuvent le devenir sans le vouloir
  • Les propres tendances de la personne à recourir à la violence verbale ou physique

Plusieurs facteurs de risques peuvent affecter la personne atteinte et les aidants

  • Le stress des soins et les troubles de santé mentale et physique peuvent affecter la capacité à faire face à la situation, aussi bien pour les personnes atteintes que pour les aidants
  • Consommation abusive d’alcools ou d’autres drogues
  • Isolement social
  • La personne a déjà été violente ou a fait l’expérience de la violence
  • Antécédents de violence à la maison

Dans beaucoup de cas, la violence, les mauvais traitements et la négligence envers les personnes âgées sont involontaires.

Les aidants et les personnes atteintes de l’Alzheimer ou d’une maladie apparentée n’ont pas nécessairement l’intention d’être violents verbalement ou physiquement, et les aidants n’ont pas nécessairement l’intention de négliger la personne dont ils ont soin, ou d’ignorer leurs besoins, mais le problème peut surgir s’ils sont poussés au-delà de leurs capacités.

Une meilleure compréhension de la maladie et de ses conséquences serait utile. Il faut également s’assurer que les aidants puissent profiter de moments de répit. Si vous avez de la difficulté à composer avec le stress relié à votre situation d’aidant, il est important d’aller chercher le soutien dont vous avez besoin, un conseiller, un guide spirituel, ou quelqu’un de la Société Alzheimer.

Ressources supplémentaires :

Source:

1. Source: Agence de la santé publique du Canada
2. World Alzheimer’s Report 2009. Alzheimer’s Disease International.


Last Updated: 11/08/2017